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CO LE DIX-SEPTIEME SIÈCLE. de cl | | a «+ De ces maîtres savants disciple ingénieux, Soient au bout de vingt ans encor redemandés ? cie Régnier, seul parmi nous, formé sur leürs modèles, ‘ | Que dans tous vos discours la passion émue . s Dans son vieux style encore a des grâces nouvelles. Aille chercher le cœur, l'échauffe et le remue. ei «> Heureux si ses discours, craints du chaste lecteur, | Si d'un beau mouvement l'agréable fureur b co Ne se sentoient des lieux où fréquentoit l'auteur ; Souvent ne nous remplit d'une douce terreur, do Et si du son hardi de ses rimes cyniques Ou n'excite en notre âme une pitié charmante, . Il n’alarmoit souvent les oreilles pudiques! En vain vous étalez une scène savante ; se Je | Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir je 2 Lelatin, dans les mots, brave l'honnêteté; Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, 2e “7 Mais le lecteur françois veut être respecté : Et qui, des vains efforts de votre rhétorique se 2 Du moindre sens impur la liberté l'outrage, Justement fatigué, s'endort, ou vous critique. . ‘” < Si la pudeur des mots n'en adoucit l'image. Le secret est d'abord de plaire et de toucher : de < Je veux dans la satire un esprit de candeur, Inventez des ressorts qui puissent m'attacher !. . Et fuis uri effronté qui prèche la pudeur.
ch . Que «ès les premiers vers l'action préparée. ‘ na co … D'un trait de ce poëme , en bons mots si fertile, Sans peine du sujet aplanisse l'entrée. «Le François, né malin, forma le vaudeville; Je me ris d'un acteur qui, lent à s'exprimer, . “Agréable indiscret, qui, conduit par le chant , De ce qu'il veut d'abord ne sait pas m'informer , hs “ Passe de bouche en bouche’, et s'accroit en marchant. Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue, do . La liberté ARGUS Se DÉLAUE D'un divertissement me fait une fatigue. ch “Cet enfant du plaisir veut naître dans la joie. J'aimerois mieux encor qu'il déclinät son nom, . < | . Et dit : « Je suis Oreste ou hien Agamemnon, de de | | Que d'aller, par un tas de confuses cle. Le ce Co Sans rien dire ar esprit, étourdir les oreilles : ee A Le sujet n'est jamais assez tôt expliqué. “ ce : Que le lien de la scène y soit fixe et marqué. cle ch | - | : te + | CHANT LL. . 0 . . . . . . . . 0 . e 0 e e . Jamais au spectatenr n'offrez rien d'incroyable : TL ho : Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. 4 oh Le n'est point de serpent, ni de monstre odieux, nus merveille absurde est pour Du SOUS APPAS Fe se Qui, par l’art imité, ne puisse plaire aux yeux; L FSprl nest point ému de . qu il ne RE | ds
. © D'un pinceau délicat l'artifice agréable Ce qu'on ne doit point LQLPR LE récit nous] ci > “ Du plus affreux objet fait un objet aimable. Les yeux , en Je voyant, saisirotent mieux la chose ; 7 Ainsi, pour nous charmer, la tragédie en pleurs Mais il «si des objets que art judicieux . “ D'OEdipe tout sanglant fit parler les douleurs", Doit offrir à l'oreille et reculer des yenx.. de de D ici ima les alarmes 4 J sn ere ere arracha des larmes. Que le trouble, LOUE croissant de scène en scène, À De : À son comble arrivé , se débrouille sans peine. de . | .: cn L'esprit ne se sent point plus vivement frappé a 4% Vous donc qui, d'un beau feu pour le théâtre épris, Que lorsqu'en un sujet d'intrigue enveloppé , . < Venez en vers pompeux y disputer le prix, D'un secret tont à coup la vérité connue < Voulez-vous sur la scène ttaler des ouvrages Change tout , donne à tout une face imprévue. . «4, Où tout Paris en foule apporte ses suffrages , ne | . Et qui, toujours plus beaux plus ils sont resardés, La tragédie , informe et grossière en naissant, . | N'étoit qu'un simple chœur , où chacun ,en dansant, . Et du dieu des raisins entonnant les louanges, ce à mencer par les plus peti's; et la plupart de ses définitions sont | S'efforçoit d'attirer de fertiles vendanges. . ve elles-mêmes du style, du ton, du coloris qui convient à leur | Là, le vin'et la joie éveillant les esprits, ” " ue | | | + Du plus habile chantre un bouc étoit le prix. > en Saus faire un crime à Boileau d'avoir passé sous silence la ce “2 fable, Ésope, Phèdre et La Fontaine , je déplore çet oubli ou sh celle crreur. Delille a cherché à les répa rer dans sont sn ième | | . ch Fe où Re sé | dre 4 ee ie . . ee : La prose, si libre de ses mouvements. et qui jouit de toutes se ni rs LUS D sortes de franchises, ne saurait exprimer plus clairement, : ch ‘Ces deux beaux vers rappellent {’OEdipe roi, de Sophocle, avec plus d'élégance , de concision et de chaleur à propos tem- Je hs et l'Oresle, d'Euripide. pérée , les judicieux conseils donnés ici par Boileau. % sh do C'
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GEAR ESA AURA RES RARE RE DES ARE RE PRET EC RSR EE e LS e se ne DIX-SEPTIÈME SIECLE. 545 + . 1° Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie, D'un air plus grand encor la poésie épique, . Promena par les bourgs cette heureuse folie, Dans le vaste récit d'une longue action, ce
Et, d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau, Se soutient par la fable, et vit de fiction. a Amusa les passants d'un spectacle nouveau. Là , pour nous enclanter, tout est mis en usage ; ce
Eschyle dans le chœur jeta les personnages, D'un masque plus honnète habilla les visages , Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé, Fit paroitre l'acteur d'un brodequin chaussé *.
Sophocle enfin , donnant l'essor à son génie, Accrut encor la pompe, augmenta l'harmonie, Intéressa le chœur dans toute l'action,
.Des vers trop raboteux polit l'expression, , Lui donna chez les Grecs cette hauteur divine Où jamais n'atieignit la foiblesse latine *.
Le théâtre , fertile en censeurs pointilleux,
Chez nous, pour se produire, est un champ périlleur. Un auteur n'y fait pas de faciles conquètes ;
Ïl trouve à le sifiler des bouches toujours prètes ; Chacun le peut traiter de fat et d'ignorant : C'est un droit qu'à la porte on achète en entrant. . FH faut qu’en cent façons pour plaire il se replie ; Que tantôt il s'élève et tantôt s'humilie;
Qu'en nobles sentiments il soit partout fécond ; Qu'il soit aisé, solide, agréable, profond,
Que de traits surprenants sans cesse il nous réveille,
Tout prend un corps, une âme , nn esprit, un visas je ; Chaque vertu devient une divinité : |
Minerve est la prudence, et Vénus la beauté ;
Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre : C'est Jupiter armé pour effrayer la terre;
Un orage terrible aux yeux des matelots,
C'est Neptune en courroux qui g gourmande les flots ; Écho n'est plus un son qui-dans l'air retentisse : C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse. Ainsi, dans cet amas de nobles fictions,
Le poëte s'égaie en mille inventions ,
Orne, élève, embellit, agrandit toutes choses, Ettrouve ous sa main ile fleurs toujours éclo:es. Qu'Énée et ses vaisseaux , bar le vent écartés, Soient aux bords africains d'un orage emportés : Ce n'est qu'une aventure ordinaire et commune,
‘Qu'un coup peu surprenant des traits de la fortune;
Mais que Junon , constante en son aversion, Poursuive sur les flots les restes d’Ilion ;
Qu Eole en sa faveur les chassant d'Italie,
Ouvre aux vents mutinés les prisons d'Éolie ; Que Neptune en courroux, s’élevant sur la mer, D'un mot calme les flots, mette la paix dans l'air, Délivre les vaisseaux , des syrtes les arrache : C'est là ce qui surprend, frappe, saisit, attache".