‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 715 sur 914 · LL SE · texte numérisé non relu

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Que deviendront ces biens où votre espoir se fonde, Et dont vous étalez l'orgueilleuse moisson ?

Sujets , amis , parents, tout deviendra stérile ;

Et, dans ce jour fatal, l'homme , à l'homme inutile, Ne paiera point à Dieu le prix de sa rançon.

Vous avez vu tomber les plus illustres têtes,

Et vous pourriez encore, insensés que vous Ôtes, Jenorer le tribut que l'on doit à la mort?

Non, non, tout doit franchir ce terrible passage : Le riche et l'indigent, l'imprudent et le sage, Sujets à même loi, subissent même sort.'

D'avides étrangers, transportés d'allégresse, Engloutissent déjà toute cette richesse,

Ces terres, ces palais, de vos noms ennoblis,

Et que vous reste-til, en ces moments suprèmes ? Un sépulcre funèbre, où vos noms, où vous-mêmes Dans l'éternelle nuit serez ensevelis.

Les hommes, éblouis de leurs honneurs frivoles,

- Et de leurs vains flatteurs écoutant les paroles,

Ont de ces vérités perdu le souvenir :

Pareils aux animaux farouches et stupides,

Rousseau (Jean-Baptiste) naquit à Paris le 46 avril 1670. Son père, qui exerçail la profession de cordonnier, averti des dispositions heureuses que montrait l'un de ses fils, l'envoya étudier chez les jésuites. Rousseau fit en peu de temps des progrès remarquables et justifia la prédilection paternelle, Formé à l'école du premier des satiriques modernes, il débuta, comme son maitre, par faire la satire de son siècle et des écrivains en réputation. Le jeune poëte, après un premier succès dramatique, avait répondu à son pére, qui était accouru pour l'en féliciter : « Je ne vous connais pas! « ce qui lui attira cette stance de Lamotte , né comme lui dans une condition obscure:

On ne se choisit polnt son père.

Par un reproche populaire Le sage n'est polnt abattu.

Ov, quol que le vulgaire pense, Rousseau , la plus vile nalssance Donne du lustre à la vertu, etc.

Rousseau ne parvint jamais à ob‘enir de triomphes au théâtre, quoiqu'il s’y crût appelé par une vocation particulière ; et, pour comble de malheur, la chute de sa co médie du Flatteur donna naîssance à ces trop fameux couplets qui attirèrent sur lui un arrêt de bannissement, ct laissent encore planer sur sa mémoire de cruelles accusations. Rousseau, exilé de sa patrie, se retira en Suisse et il s’y lia d'amitié avec le comte du Luc, ambassadeur de Frauce, qu'il suivit à Vienne, où le prince Eugène, toujours ennemi de la France, mit peut-ètre un secret orgueil de vengeance à honorer l’homme qu'elle avait rejeté. Le baron de Breteuil, l’un des meilleurs amis du puête , faisait à Paris de si vives démarches en faveur du

Les lois de leur instinct sont leurs uniques guides, Et pour eux le présent paroït sans avenir.

Un précipice affreux devant eux se présente;

Mais toujours leur raison , soumise et complaisante, Au-devant de leurs yeux met un voile imposteur. Sous leurs pas cependant s'ouvrent les noirs abîmes, Où la cruelle mort , les prenant pour victimes, Frappe ces vils troupeaux , dont elle est le pasteur.

Là s'anéantiront ces titres magnifiques, Ce pouvoir usurpé, ces ressorts politiques, Dont le juste antrefois sentit le poids fatal :

Ce qui fit leur bonheur deviendra leur torture, Et Dieu, de sa justice apaisant le murmure, Livrera ces méchants au pouvoir infernal.

Justes, necraignez point le vain pouvoir des hommes; Quelque élevés qu'ils soient’, ils sont ce que nous sommes : Si vous êtes mortels, ils le sont comme vous.

Nous avons beau vanter nos grandeurs passagères : Il faut méler sa cendre aux cendres de ses pères ; Et c'est le même Dieu qui nous jugera tous".

proscrit, qu'ilobiint des lettres de rappel; mais Roussecu les refusa toujours avec le plus noble courage ; il voul:it une justice solennellement rendue. Toutcefuis, le désir de revoir sa patrie dominant toute autre considération, le détermina à faire, en 1738, le voyage de Paris, incognito. De retour à Bruxelles, il se sentit atteint du mal qui devait l'emporter et languit encore deux années. 1l mourut le 17 n'ars 1741, en protestant qu'il n'é:ait point

Les idées qui forment le fonds de cette hymne se retron. vant partout, et notamment dans Horace, on j'ourrait penser que le poëte sacré est trop magnilique ; mais si Horace et David diseut les mêmes choses, il y a une grande différeuce entre eux. Horace cst un épicurien qui, couronné de roses, dit à son ami, pour l'exciter à jouir des plaisirs de là vie: « 11 faudra quitter ce parc magnifique, ce palris, cette maison de campagne que le Tibre arrose : il faudra les quitter; ct ces richesses, entassées en mon‘caux, seront Îa proie d'un héritier avide d'en jouir. Que tu sois riche et sotti de l'antique Inachus, ou que, piuvre et sorti du san le plus vil, tu n'aies d'antre abri que la voûte du ciel, il n'importe, regarde-toi comme une victime dévonée à l'impitoyable Achéro.» Alais qu'est-ce que David? Un roi qui areconnu sur le trône le néant des gr:ndeurs humaines, un homme accoutumé à méditer sur la mort en présence du Dieu qu'il prie avec ferveur, un poëte inspiré qui parle au nonr de l'Éternel à toute la terre en avertissant les peuples, et surtout les rois, dun compte qu'ils auront à rendre au jour où le Scigneur se lèvera pour condamner les méchants et proclamer le règne des justes. Voilà sans doute de quoi justifier le roi prophète quand il s'écrie: « Écoutez, nations; écoutez, habitants de la terre, enfants des hommes, je vous parle à tous sans distinction: richrs et pauvres, écoutez. » Il semble d'aïll'urs qne David ait aussi dans celle pièce le secret dessein de consoler 128 pauvres qui sont

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