‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 719 sur 914 · SANT ITS TSI 1 11112112 EL · texte numérisé non relu

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Grand Dieu ! votre main réclame Les dons que j'en ai reçus ;

Elle vient couper la trame

Des jours qu'elle m'a tissus :

Mon dernier soleil se lève;

Et votre souffle m’enlève

De la terre des vivants,

: Comme la feuille séchée ,

Qui, de sa tire arrachée, Devient le jouet des vents.

Comme un tigre impitoyable, Le mal a brisé mes os ;

Et sa rage insatiable

Ne me laisse aucun repos.

Victime foible et tremblante, À cette image sanglante,

Je soupire nuit et jour;

Et, dans ma crainte mortelle, Je suis comme l'hirondelle Sous les griffes du vautour.

Ainsi, de cris et d'alarmes

Mon mal sembloit se nourrir ; Et mes yeux, noyés de larmes, Étoient lassés de s'ouvrir.

Je disois à la nuit sombre :

a O nuit, tu vas dans ton ombre M'ensevelir pour toujours!» .

Je redisois à l'Aurore :

« Le jour que tu fais éclore

Est le dernier de mes jours!

Mon âme est dans les ténèbres ; Mes sens sont glacés d'effroi :

Écoutez mes cris funèbres, Dieu juste, répondez-moi.

Mais enfin sa main propice

LE COMTE

L Lez que le vieux pasteur des troupeaux de Neptune,

+ Protée, à qui le Ciel, père de la Fortune,

Ne cache aucuns secrets,

Sous diverse fisure, arbre , flamme, fontaine,

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À comblé le précipice

Qui s’entr'ouvroit sous mes pas ; Son secours me fortifie,

Et me fait trouver la vie

Dans les horreurs du trépas.

Seigneur, il faut que la terre Connoisse en moi vos bienfaits :

Vous ne m'avez fait la guerre Que pour me donner la paix. Heureux l'homme à qui la grâce Départ ce don efficace,

Puisé dans ses saints trésors,

Et qui, rallamant sa flamme, Trouve la santé de l'âme

Dans les souffrances du corps!

C'est pour sauver la mémoire De vos immortels secours,

C'est pour vous, pour votre gloire,

Que vous prolongez nos jours.

Non, non, vos bontés sacrées Ne seront point célébrées

Dans l'horreur des monuments; La mort, aveugle et mue:te, Ne sera point l'interprète

De vos saints conunandements.

Mais ceux qui de sa menace, Comme moi , sout rachetés, Annonceront à leur race Vos célestes vérités.

J'irai, Seigneur, dans vos ten.p'es,

Réchauffer par mes exemples Les mortels les plus glacés,

Et. vous offrant mon hommage, Leur montrer l'unique usaze Des jou:s que vous leur laissez”.

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