CESSER
CR
RRTFRES
Sms
Ve r
DU D DE DO D DE D SO DD DD DE 0 D D DOTE D 00 SE D D D 0TD DD D 0 D DD D DD D CDS VDS D SORT ES DD ED DUT D DST S SES SD DIX-HUITIÈME SIÈCLE. 551 Ou tel que d'A pollon le ministre terrible, Et ces ailes de feu qui ravissent une âme Impatient du dieu dont le souffle invincible Au céleste séjour. Agite tous ses sens, | | Le regard furieux , la tête échevelée, C'est par là qu'autrefois d'un prophète fidèle Du temple fait mugir la demeure ébranlée L'esprit, s'affranchissant de sa chaîne mortelle
Par ses cris impuissants ;
Tel, aux premiers accès d'une sainte manie, Mon esprit alarmé redoute du génie L'assaut victorieux ; Il s'étonne, il combat l'ardeur qui le possède, Et voudroit secouer du démon qui l’obsède Le joug impérieux.
Mais sitôt que, cédant à la fureur divine,
Il reconnoît enfin du dieu qui le domine Les souveraines lois,
Alors, tout pénétré de sa vertu suprême,
Ce n'est plus un mortel : c'est Apollon lui-même Qui parle par ma voix”.
Je n'ai point l'heureux don de ces esprits faciles Pour qui les doctes sœurs, caressantes, dociles, Ouvrent tous leurs trésors, Et qui, dans la douceur d’un tranquille délire, N'éprouvèrent jamais , en maniant la lvre, Ni fureurs ni transports.
Des veilles, des travaux, un foihle cœur s'étonne; Apprenons toutefois que le fils de Latone,
"Dont nous suivons la cour, Ne nous vend qu'à ce prix ces traits de vive flamme
touchante naïveté du cantique d'Ézéchi:is, jusque dans cette immortelle imitation qu'en a faite Rousseau. LA HARPE.
* La Harpe admire justement la pompe et la magoificence de l'exorde de Jean-Baptisle ; il ne loue pas avec moins de raison l'art avec lequel le poëte marche, par un savant détour, à son sujet, qui était de célébrer sa reconnaissance pour les services rendus à l'état par le comte du Luc, et de lui souhäiter une santé meilleure et'une longue vie. Maïs cette belle composition pèche par le sujet , et de là vient qu'elle languit, qu'elle tombe mème quelquefois, et qu'en définitive elle est dénuée d'intérêt. Si Rousseau eût payé le tribut du génie à un grand homme , dont la vie scrait toute pleine de travaux sublimes et utiles à l'humanité, le début, déjà si beau , nous paraitrait plus adinirable encore, parce que le scul nom du héros cxciterait d'abord notre a‘imiration et notre sympathie Ensuite , la richesse de la matière aurait soutenu le vol du poête et lui aurait permis de fournir sa carrière jnaqn'an bout avez: éclat. Siles a tionsdu hérosétaicut gravées d'avance dans notre pensée par la renommée, tous les vers du poët®, attachés à un grand souvenir, se graveraient à jatnals dans notre mémoire, tandis que la plus grande partie de l'ode n's laisse pas méme une trace.
3: Cette he le strophe et les deux précédentes sont imitées du vie livre de l'Enéide, où Virgile represente, avec les couleurs de la plus haute poésie, la lutte de la sibylle de Cumes avec le dieu qui la tourmente.
Par un puissant effort, S'élançoit dans les airs, comme un aigle intrépide , Et jusque chez les dieux alloit, d’un vol rapide, Interroger le sort.
C'est par là qu'un mortel, forçant les rives sombres, Au superbe tyran qui règne sur les ombres Fit respecter sa voix :
Heureux si, trop épris d’une beauté rendue, Par un excès d'amour, il ne l'eût point perdue Une seconde fois?!
Telle étoit de Phébus la vertu souveraine,
Tandis qu'il fréquentoit les bords de l'Hippocrène Et les sacrés vallons;
Mais ce n'est plus le temps, depuis que l'avarice,
Le mensonge flatteur, l’orgueil et le caprice, Sont nos seuls Apollons.
Ah ! si ce dieu sublime , échauffant mon génie,
Ressuscitoit pour moi de l'antique harmonie Les magiques accords;
Si je pouvois du ciel franchir-les vastes routes,
Ou percer par mes chants les infernales voûtes De l'empire des morts ;
Je n’irois point , des dieux profanant la retraite, Dérober aux destins , téméraire interprète, Leurs augustes secrets ; Je n'irois point chercher une amante ravie, Et, la lyre à la main, redemander sa vie Au gendre de Cérès.
Enflammé d’une ardeur plus noble et moins stérile, J'irois, j'irois pour vous, à mon illustre asile, O mon fidèle espoir!
Implorer aux enfers ces trois fières déesses Que jamais jusqu'ici nos vœux ni nos promesses N'ont su l'art d'émonvoir.
‘* Peut-être ce souveair de la Bible, exprimé en si beaux vers, fait-il une disparatè avec les idées et les inages que le poûte va emprunter à la fable.
- ? Allusion à l'avecture d'Eurydice et d'Orphée, le plus beau des épisodes des Géorgiques de Virgile. Le germe des beautés sublimes de la descente d'Énée aux enfers se trouve dans cct épisode, où Virgile poëte, et parlant d'un poëte inspiré par l'amour, à pu s'élever, même dans un ouvrage sur les champs, jusqu'au ton de l'épopée elle-même. La scène où Orphée, vaincu d'amonr, perd son Ewryiice par le seul crime d'un regard, est un chef-d'œuvre de seutiment et d'art poussé jusqu'à la perfection. Voyez le 1v° livre du poëme.
té