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Amour fatal! ta haine en est le prix.
Tant de tendresse, à dieux, est-elle un crime, Pour mériter de si cruels mépris?
» Cruel auteur des troubles de mon âme,
‘ Que la pitié retarde un peu tes pas; Tourne un moment tes yeux sur ces climats; Et, si ce n'est pour partager ma flamme, Reviens du moins pour hâter mon trépas. »
C'est ainsi qu'en regrets sa'douleur se déclare ;
Mais bientôt, de son art employant le secours, Pour rappeler l'objet de ses tristes amours,
Elle invoque à grands cris tous les dieux du Ténare, Les Parques, Némésis, Cerbère, Phlégéton, Et l’inflexible Hécate , et l'horrible Alecton.
Sur un autel sanglant l'affreux bûcher s'allume; La foudre dévorante aussitôt le consume ;
Mille noires vapeurs obscurcissent le jour;
Les astres de la nuit interrompent leur course ; Les fleuves étonnés remontent vers leur source, Et Pluton même tremble en son obscur séjour.
Sa voix redoutable Trouble les enfers ; Un’ bruit formidable Gronde dans les airs; Un voile effroyable Couvre l'univers;
a rien dans l'antiquité. » C° portrait, qui sent l'inspiration biblique, et dont la précision n'a d'égale que l'énergie et la sublimité, fera mieux sentir aux lecteurs tous les défauts de la pièce française, qu'ils pourront encore comparer à une ode de Luighi, pleine d'imagination , de mouvement et de poésie, maïs on peu trop longue peut-être.
On éprouve toujours une certaine peine qnand il faut critiquer avec sévérité un grand écrivain dont le talent a des éclipses totales ; pour se conso:er de cette peine, mes lecteurs. après avoir lu , dans le quatrième chant de l'Art poctique. les excellents vers de Boileau sur les merveilles et les bienfaits de la poésie, pourrout les rapprocher de plusieurs des strophes de l'ode de Jean-Baptiste au prince Eugène. Ce parallèle, houvrable pour Rousseau sans”nuire à son maître, sert à nous montrer comment les mêmes idées ont pris une nouvelle forme, une couleur plus riche, et plus d'audace dans l'expres-
sion sur la lyre du rival de Pindare et d'Horace.
* sera encore utile de Hre , dans le cinquième chant du poëme De la nature des choses, par Lucrèce, plusieurs pissages où ce grand poête, si heureusement traduit par M. de Pongerville, déploie sa belle Ines pour peindre les commencements de fa société,
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EG D D EEE CD UD EURE DS SR TS D ppp pp Re RE RE D pp ER pp Ep nr Re PRE RL RE DIX-HUITIÈME SIÈCLE.
La terre tremblante Frémit de terreur; L'onde turhbulente Mugit de fureur, La lune sanglante Recule d'horreur.
Dans le sein de la mort ses noirs enchantements
Vont troubler le repos des ombres; Les mânes effrayés quittent leurs monuments ; L'air retentit au loin de leurs longs hurlements ; Et les vents, échappés de leurs cavernes sombres, Mélent à leurs clameurs d'horribles sifflements. Inutiles efforts ! amante infortunée, D'un dieu plus fort que toi dépend ta destinée : Tu peux faire trembler la terre sous tes pas, Des enfers déchaïinés allumer la colère ;
Mais tes fureurs ne feront pas
Ce que tes attraits n'ont pu faire.
Ce n'est point par effort qu'on aime :
L'Amour est jaloux de ses droits ; Il ne dépend que de lui-même :
On ne l'obtient que par son choix.
Tout reconnoit sa loi suprême ; Lui seul ne connoît point de lois.
Dans les champs que l'hiver désole, Flore vient rétablir sa cour ; L'alcyon fuit devant Éole;
Éole le fuit à son tour ;
Mais sitôt que l'Amour s'envole,
Il ne connoit plus de retour. :
: Habilement infidèle à ses modèles antiques , Jean-Baptiste prète une passion véritable à Circé qui manque de charme et d'interèt dans l'Eneide ainsi que dans l'Odyssée. L'accent du cœur est empreint das les deux strophes qui commencent par ce beau vers:
Cruel auteur des troubles de mon âme.
Tous les détails de la cérémonie magique sont peints à la manière des grands maitres : c'est la précision de Virgile et la rapidité d'Eschyle, avec un mouvement dramatique dont ce poëte est peut-être le modèle dans le genre lyrique. Pourquoi faut-il qu'uue si magoifique composition ait uu si faible dénouement ? Pourquoi ces vers d'opéra après des beautés sévères comme celles de l'Énéide ? Pourquoi la mollesse de Quinawit vient-clie efféminer le ton mâle et affaiblir ainsi l'accent tragique de là muse de Rousseau ?