‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 738 sur 914 · LIL 0 68 TT · texte numérisé non relu

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au Anime la fin d'un beau jour,

Au pied de l'échafaud j'essaie encor ma lyre: ne Peut-être est-ce bientôt mon tour;

Peut-être avant que l'heure, en cercle promenée, Ait posé sur l'émail brillant, = Dans les soixante pas où sa route est bornée,

Son pied sonore et vigilant,

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nouvel asile. Bientôt après , arrété avec M. Pastoret, qu'il était venu consoler, ilse vit conduit à la prison de Saint- Lazare. Ce fut là qu'il composa cette touchante élégie de la jeune Captire ; élégie qui semble avoir été écrite avec le cour d'une f:mme amante et puëte. Heureux si, comme le recommandait son frère Marie-Joseph , on l'eût laissé oublier , mais les imprudentes sollicitations d'un père effrayé causérent la perte de son fils. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, André dédsigna de se dé‘endre et s'entendit condamner à mort. La sentence fut exécutée le 8 thersmidor, la veille de la mise en accusation de Robespierre. À huit heures du matin, Chéuier monta sur la fatalecharretteavec MM. de Moatalembert-Créqui, de Montmorency, de Loiserolles , qui allait mourir pour son fils ; enfin avec Roucber, l’auteur du poëme des Mois. Pendant la traversée, il eut la consolation d'épancher son âme dans le sein de l'amitié. « Je n'ai rien fait pour la postérité, disait-il à son ami en se frappan: le front, et pourtant j'avais quelque chose li! » Au moment fatal, il achevait de réciter avec Roucher la dernière scène d’Andromaque. Ainsi mourut, à trente-trois ans, l’homme qui portait dans son scin les plus riches destinées poétiques. André Chénier était de l'école de Virgile et de Théocrite , dont il reproduisait quelquefois les beautés avec le plus rare bonheur. Son élégie du Malade est un chef-d'œuvre de passion, de grâce, de poésie. Sa jeune T'arentine ressemble à un beau fragment de l'antique. Chénier n'est cependant pas sans défauts. Égaré par Le Brun, il cherchait la paésie dans des combinaisons ambitieuses , dans * des alliances bizarres de mots. Ses élégies , pleines de détails charmants, ne respirent pas l'abandon de Tibulle et de Parny. Malgré ces critiques , il faut avouer qu'à la lecture des meilleures pièces de Chénier on se sent surpris par un parfum de paésie qui iuvite à la plus douce des réveries. Quand il cst vraiment inspiré, ses vers ont une mélodie toute musicale; on croit entendre la voix d'une jeune vierge qui chante avc un cœur et une voix

d'ange.

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