ODE A BUFFON
UFFOX , laisse gronder l'envie:
C'est l'hommage de sa terreur :
Que put sur l'éclat de ta vie Son obscure et lâche fureur ?
Ma Olympe, qu'assiége un orage ® Dédaigne l'impuissante rage
Des aquilons tumultueux ;
Tandis que la noire tempête Gronde à ses pieds, sa noble tète Garde un calme majestueux.
Pensois-tu donc que le génie
Qui te place au trône des arts Longtemps d'une gloire impunie Blesseroit de jaloux regards ?
Non, non, tu dois payer la gloire, Tu dois expier ta mémoire
Par les orages de tes jours ;
Mais ce torrent qui dans ton onde Vomit sa fange vagabonde
N'en saurait altérer le cours.
Poursuis ta brillante carrière,
O dernier astre des François!
Ressemble au dieu de la lumière, Qui se venge par des bienfaits.
Poursuis ! que tes nouveaux ouvrages
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Remportent de nouveaux outrages Et des lauriers plus glorieux.
La gloire est le prix des Alcides ! Et le dragon des Hespérides Gardoit un or moins précieux.
C'est pour un or vain et stérile Que l'intrépide fils d'Éson -Entraine la Grèce docile
Aux bords fameux par la toison.
11 emprunte aux forèts d'Épire Cet inconcevable navire
Qui parloit aux flots étonnés ;
Et déjà sa valeur rapide
Des champs affreux de la Colchide Voit tous les monstres déchainés.
Il faut qu'à son joug il enchaîne
Les brûlants taureaux de Vulcain, De Mars. qu'il sillonne la plaine, Tremblante sous leurs pieds d'airain.
D'un serpent , l'effroi de la terre, Les dents, fertiles pour la guerre, A peine y germent sous ses pas, Qu'une moisson vivante, armée Contre la main qui l'a semée, L'attaque, et jure son trépas