‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 749 sur 914 · FF SS · texte numérisé non relu

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el il prépara: aussi , dans celte retraite inspiratrice , le Siè- “e cle de Louis XIV et recucillit les matériaux de l'Essai 4 sur le Monde et l'Esprit des Nalions. Mérope, juuéc “> deux ans après Mahomet, reçut les mêmes applauuissecho ments «ue Zaïre. Le public redemanda l'auteur , ce qui re ue s'élait point fait encore. La marquise de Pompacour ctLouis XV favorisaient alors sa candidature pour l'Aca- L démie française, mais il ne réussit pas ; une mission se- D crète qu'il remplit alors en Prusse, avec succès, ne lui

servit à rien, mais {a Princesse de Naçarre, une farce e de la foire, comme il le dit, lui valut de grandes marques de faveur. A cette époque, on le jugea digne enfin ce d'entrer à l'Académie française. Alors il se vit en proie à

«le uo redoublement d'injures et de libeles; placé à la tête de des écrivains de son époque, il aurait dû mépriser des ci adversaires placés trop bas pour pouvoir l'atteindre, de mais, emporté par la co!ère, il passa lui-même toutes les a Lornes dans ses cruelles représailles. On‘n'épargnait

“rien alors pour l'abaisser au-dessous de Crébillon; il résolut de se venger de cet'e injustice cn refuisant les tra-

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gédies du protégé de la marquise et de Louis XV. Il ce donna successivement Sémiramis, Oreste, Rome sautér, pe les Pélopides et le Triumrirat. Le drame de Nanine fut

représenté après Sémiramis, en 1749. Cet'e année, madame Duchätelet, avec laquelle il s'était retiré à Lunéville auprès de Stanislas , roi de Pologne, mourut. Après une perte si cruelle, Voitaire revint à Paris, qu'il quitta ensuite pour se rendre en Prusse, où Frédéric II lui offrait une pension de vingt-deux mille livres et les plus brillantes espérances. 11 reçut effectivement à Berlin l'accueil le plus honorable. Mais deux esprits éminemment satiriques , deux caractères irritables et difficiles , un roi qui rimait malgré Miverve, et un grand poëte obligé de retoucher les essais de son disciple couronné, ne pouvaient longtemps s’'accorder : ils se brouillérent. Voltaire fut obligé de quitter Potsdam. Arrêté à Francfort per l'ordre de Frédéric, Voltaire abjura le culte de son Alexandre, de son Marc-Aurèle ct de son Titus, que, dans sa colère, il appelait Attila-Cotin. Le séjour de notre poëte en Prusse avait été de trois ans; dans cet intervalle (1752), il publia le Siècle de Louis XIV. Il aurait bien voulu revenir à Paris, et, certes, il ne pouvait demander son rappel par un plus beau titre à la reconnaissance du pays et à cel'e d’un petit-fils du grand roi. Ne pouvant obtenir son retour en France, Voltaire acketa près de Genève une maison charmante, nommée les Délices. Cette maison lui déplut, parce qu'il n'y pouvait faire jouer librement la comédie. Il s’en prit aux magistrats de Genève, et par malheur il enveloppa dans sa colère contre eux l’éloquent J.-J. Rousseau.Réduit encure à chercher une autre résidence , Voltaire acheta Tournai et Fernes, et se fixa dans cette cernière propriété, dont il rebälit le

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chäteau. La terre de Ferney étaitun désertqu'ilsutrendre <i; fertile ; elle ne renfermait qu'une cinquantaine de paysans, .

il la colouisa, pour ainsi dire, et le aombre des habitants s’éleva bientôt à plus de douze cents personnes, toutes °° occupées de travaux utiles. C'est de Ferney qu'il réhabi- :, lita la mémoire de Calaÿ, sauva Sirven d'uae mortin-

famante , prit soin de la petite-nièce du grand Corneille, <k et lui douna pour dot , en la marüant, le fruit de l’édition de des œuvres de ce poële célèbre, avec les commentaires ds

qu'il y avait faits. Le pays de Gex, où il se trouvait, était encore sous le joug féodal: il obtint du minis- °° tre Turgot des lettres d'affranchissement pour cette Le province. On pourrait citer mille autres belles actions qui hororent sa mémaire et font l'é‘oge de son cœur. En <i- 4778 (il avait alors quatre-vingt-quatre ans), il voulut revoir Paris, d'où il était abseut depuis tant d'années. © Son arrivée y produisit une sensation générale : les aca- ‘: démies lui rendirent des honueurs extraordinaires; le © public l'accueillit avec un enthousiasme difficile à décrire. A la représentation de sa tragédie d'Irène, son buste, -; placé sur fe théâtre , fut couronné par les acteurs ; on le porta lui-même jusqu'à son carrosse, et la foule le re- is condui-it jusqu'à sa demeure ea poussant des cris de de joie. « Vous voulez m'étouffer sous des roses! » s'écriat-il en se retouruant vers le public. 11 n'avait pas long- ‘> temps à jouir d'un si beau triomphe ; les émotions , la faligue , le changement de régime épuistrent bientôt ses furces , il mourut à Paris le 30 mai 1778. Sur le refus de l'archevêque de lui donner la sépulture ecclésiastique , on transporta ses restes à l':bbaye de Scellières, dans le ©

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