LA
RESTISTY
diocèse de Troyes , où le prieur celébra ses obsèques. La cérémonie était achevée, lorsque l'évêque de Trojes envoya une défense de procéder à l'enterrement ; la chapelle fut mise en interdit ct le prieur destitué.
Voltaire avait reçu de la nature la raison de Locke, l'éloquence dramatique d'Euripide , les divers esprits de Pope, de Fontenelle et d'Hamilton, l'originalité satirique de Lucien, l'urbanité d'Horace, l’'enjouement de l'Arioste, ct la brillante facilité d’un Français plein de grâce et de goût. Tous ces dons, réunis pour composer un seul homme servaient d'instruments aux deux passions de son cœur, l'amour de la gloire et celui de l'humanité. Aucune puissance ne pouvait résister à ce souverain de l'opinion; les princes furent ses courtisans ; les rois , devenus ses flatteurs lui demandaient la gloire. Volta're fat une idole pour nos pères; aujourd'hui on lit ses ouvrages , on les admire , m:is on les juge. Rival de Virgile, du Tasse, de l’Ariaste, de Corneille et de Racine, sans les égaler, il a des beautés immortelles comme les leurs ; i) a douné , en outre, dans l'épopée comme dans la tragédic, d.s l:çons de tolérance et d'humanité que la terre n'avait reçues avant lui d'aucun poëte : c'est là surtout son
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titre de gloire. S'il a échoué complétement dans la co- . médie, il excelle dans le conte et dans le roman, où l'on ‘# trouve malheureusement des traits du cynisme qu'il avait co vu en honneur sous la régence. Le méme homme a fondé ‘° une école historique et laissé sur les événemeuts etles <> acleurs du grand drame du monde, des jugements qui on ne seront point infirmés par la postérité. 11 s'était donné lui-même l'honorable et dangereuse mission de M
combattre toutes les erreurs et t:us les préjugés, qu'il ‘ regardait comme les fleaux de l'humanité ; mais il a méconou la nature de l'homme, ainsi que les besoins de
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son esprit et de son cœur, en cherchant à détruire le de principe religieux qui rattache la terre au ciel ; et, quoi- do qu'il ait écrit en quelque sorte sur le fronlispice de cha- Le cune de ses œuvres ce vers qui ne mourra point : d
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Si bleu n'existait pas !1 faudrait l'inveuter,
quoiqu'il ait vingt fois lutilé de magnificence avec luiinème , quand il célèbre la création et son sublime auteur, on peut lui reprocher d'avoir trop souvent écrit comme s'il voulait établir en dogme l’iucrédulité absolue et retraucher Dicu de l'univers.
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