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POÉSIE DRAMATIQUE
VOLTAIRE
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FRAGMENT DE ZAIRE.
Sais-tu bien qu'à l'instant que son flanc mit au jour Ce triste et dernier fruit d'un malheureux amour, Je la vis massacrer par la main forcenée,
Par ia main des brigands à qui tu t'es donnée.
Tes frères, ces martyrs égorgés à mes yeux, T'ouvrent leurs bras sanglants tendus du hant des cieux. Ton Dieu que tu trahis, ton Dieu que tu blasphèmes, Quand je trouve ma fille, elle est ton ennemie. Pour toi, pour l'univers est mort en ces lieux-mêmes; Je suis bien malheureux !.… C'estton père, c'est moi, | ÆEn ces Heux où mon bras le servit tant de fois,
ON Dieu, j ai combattu soixante ans pour ta C'est ma seule prison qui L'a ravi ta foi. En ces lieux où son sang je parle par ma voix.
gloire; J'ai vu tomber tonftempleet périr ta mémoire ; Dans un cachot affreux abandonné vingt ans, —— Mes larmes t'imploraient pour mes tristes en- . fants ; Et lorsque ma famille est par toi réunie,
Ma fille, tendre objet de mes dernières peines, Voisees murs, vois ce templeenvahis par tes maîtres : Songe au moins, songe au sang qui'coule dans tes veines ; Tout annonce le Dieu qu'ont vengé tes ancêtres. C'est le sang de vingt rois, tous chrétiens comme moi; Tourne les yeux : sa tombe est près de ce palais; C'est le sang des héros défenseurs de ma loi; C'est ici la montagne où , lavant nos forfaits, C'est le sang des martyrs, à fille encor trop chère! Il voulut expirer sous les coups de l'impie ; Connais-tu ton destin ? sais-tu quelle est ta mère? i C'est là que de la tombe il rappela sa vie.
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Tu ne saurais marcher dans cet anguste lieu,
Tu n'y peux faire un pas sans y trouver tou Dieu; Et tu n'y peux rester sans renier ton père,
Ton honneur qui te parle, et ton Dieu qui t'éclaire. Je te vois dans mes bras et pleurer et gémir,
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