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580 | DIX-IUITIÈME SIÈCLE.
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ce gédie Atrée et Thyeste fit presque oublier le succès d’/do- cour, qui voulait l’opposer à Voltaire, l'accucillit avec + ménée par des scènes qui révélaient un véritable poëte tra- distinction. Mais Catilina, représenté devant Louis XV,
se quelquefois, finit par dégénérer en horreur dans la pièce. qu’un succès éphémère et trompeur. Cependant le poëte, “A Electre oblint un triomphe aussi grand et plus mérité ; jaloux de justifier la faveur publique, entreprit une trach l'intérêt du sujet, la beauté des rôles d'Electre et de Pala- gédie du Triumvirat, dans liquelle il transporta plusieurs nu mède, la chaleur de l'action, enlevérent tous les suffrages. morceaux du Cromwell. 1l Jut, en’présence de l'Acadé- Rhadamiste, le chef-d'œuvre de Crébillon, offrit des | mie, plusieurs passages de cette nouvelle piece. La har- Caractères vigoureusement tracés, des situations vrai- diesse des sentiments qui y ét:ient exprimés produisit ï ment dramatiques , dans lesquelles la vertu de Zénobie, une vive impression sur l'auditoire ; l’auteur reçut l'ordre “ nobleet touchante héroïne de la fidélité conjugale, émule de modifier sa pièce ,. ce qu'il fit avec un profond chag. in. de la Pauline de Corneille, s'élève jusqu'au sublime. Il avait alors quatre-vingts ans. Le T'riumrirat ne pro- Cette pièce ne put toutefois trouver grâce devant le sé- duisit que peu d'effet et disparut après quelques rares vère Boileau, qui traita de Visigoths Crébillon et ses représentati. ns. Crébillon, dans <a jeunesse, s'était marié vers. Effectivement c’est par les vices d’un stile incor- con re le consentement de son père, qui, indigné de le voir rect jusqu'à la barbarie que Crébillon pèche trop sou- cu outre déserter le barreau pour la scène, le déshérita. vent; maïs ce même homme , quand la force de la pen- Toutefois les premiers triomphes de ce fils presque mausée le porte où l'entraîne, écrit d'inspiration des choses dit désarmèrent le vieill :rd : il fit grâce au poëte. Malheuque l'art ne saurait produire, et qu'il gâterait s’il voulait reusement les frais de justice et le système dévorèrent en les polir. Sous ce rapport Crébillon ressemble à Cor- partie l'héritage paternel, en sorte que Crébillon, qu'apeille. Sémiramis, Xeraës et Pyrrhus eurent peu de suc- vait secouru quelque temps un de c:s Mécènes opulents
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% gique; malheureusement la terreur, portée à son comble gräce à la protection de madame de Pompadour, n'obtint
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cle cès. On peut regretter que l’auteur n'ait pas pu faire re- et orgueilleux qui s'attichent les poëtes plutôt par vanité “< présenter son Cromwell, où il dounait un noble essor aux que par amour des lettres, Crébillon, disons-nous, se sentiments de liberté gravés dans son âme. Alarmé par vit réduit à vivre de sa plume. Il mourut le 17 juin 1762,
la crainte de déchoir, il se plongea dans la retraite et à l’âge de quatre-vingt-buit ans. Il y avait de l'Eschyle, vécut ignoré. C'est là que , repoussé de l'Académie fran- du Corneille, du Shakespeare dans Crébillon. Que'queçaise par une cabale, il composa contre ses détracteurs fois un grard poêle, presque toujours un méchant écriune injurieuse satire, mais il ne la fit point imprimer. vain , Crébillou fut tour à tour sublime et barbare , et Sa priucisale occupation, d:ins sa solitude , était d'ima- rappeliit Pradon. On commettait la plus absurde des inginer des sujets de roman qu'il composait ensuite de tète justice en l'élevant, comme on le fit alors, au-dessus de et sans les écrire, car sa mémoire était aussi prodigieuse Voltüire; cependant l’auteur de Mahomet et de Brutus que sa paresse ét it insurmontable. A cette époque, n'a jamais pu reproduire la couleur sombre ni égaler la une lardive justice vint donner quelque bouheur à vigucur tragique et les grands coups de pinceau de son ses vieux ans; l’Académie lui ouvrit ses portes, et la rival. a