ŒDIPE
Mes enfans, Point de cris, point de pleurs, et je vous le défends. Polynice, en tes bras je remets Antigone :
C'est ta sœur, c'est ma fille, et je te l'abandonne. Je vais bientôt mourir : elle n’a plus que toi. Fais pour elle, mon fils, ce qu'elle a fait pour moi. Hélas ! depuis qu'au jour j'ai fermé ma paupière, : Ses yeux n'ont pas cessé de veiller sur son père; Elle a guidé mes pas, sans plaintes, sans regrets, Sur les rochers déserts, dans le fond des forêts, Quand le soleil hrûlant dévorait les campagnes, Quand les vents orageux grondaient sur les montagnes, N'entendant autour d'elle, à la fleur de ses ans, Que les sanglots d'un père et le bruit des torrents. Et si, dans le sommeil, quelque songe exécrable, M'offrant de mes destins la suite épouvantable, Me réveillait soudain avec des cris d'effroi, Elle essuyait mes pleurs on pleurait avec moi.
ŒDIPE, uu pied de l'autel.
Mais le marbre s’ébranle, il frémit sous mes pas. Quel rayon , descendu sur ces autels funèbres,
Me luit confusément à travers les ténèbres ?
Grands dieux ‘par vous bientôt monäme va s'ouvrir À ce jour éternel qui doit tout découvrir !
L'ouvrage est accompli : je peux quitter la terre.
À mes yeux étonnés vous rendez la lumiére ;
Votre éclat ininortel m'offre un séjour nouveau; Vous allez en autel transformer mon tombeau.
Tout fuit ; le temps n'est plus : je meurs . je vais renaitre; Je vous suis, je vous vois ; vous daignez m'apparaîitre. Votre calme éternel succède à mon effroi,
Et Thèbe et Cythéron sont déjà loin de moi.
Antigone! à ma mort, tu n'es point délaissée. Enfin le Ciel m'inspire : approchez - vous , Thésée ; Je vous lègue, en mourant, pour protéger ces lieux, Et ma fille, et ma cendre, et la faveur des Cieux. Et vous, dieux tout-puisssants, si vous daignez m’absoudre, Annoncez mon pardon par le bruit de la foudre; Consumez dans ses feux OEdipe à vos genoux :
Il s'offre , il vous implore, il est digne de vous. Soixante ans de malheurs ont paré la victime.
Mais quel nouveau transport me saisit et m'anime Mon esprit se dégage; il n'est plus arrêté :
Je tombe et je m'élève à l’immortalité.
médiocres comme écolier. Au sortir du collége, Ducis resta longtemps sans rien” produire. Il avait plus de trente ans quand il donna sa première tragédie, intituléc . Amélise, qui ne réussit pas. 4mclise fut suivie d'Hamlet
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