L'ARIOSTE
L'indsse naquit : autour de son berceau,
Tous ces légers esprits , sujets brillants des fées, Sur un char de saphirs, des plumes pour trophées, Leurs cercles, leurs anneaux , et leur baguette en main, Au son de la guitare, au bruit du tambourin, Accoururent en foule , et, fêtant sa naissance,
De combats, de démons, bercèrent son enfance. Un prisme pour hochet, sous mille aspects divers Et sous mille couleurs, lui montre l’univers. Raison, gaieté, folie, en lui tout est extrême ;
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Il se rit de son art, du lecteur, de lui-même ; Inspire un sentiment qu'il étouffe soudain ;
D'un récit commencé rompt le fil dans sa main, Le renoue aussitôt, part , s'élève, s'abaisse. Ainsi, d'un vol agile essayant la souplesse,
Cent fois l'oiseau volage interrompt son essor, S'élève, redescend , et se relève encor,
S'abat sur une fleur, se pose sur un chêne.
L'heureux lecteur se livre au charme qui l'entraine, Ce n'est plus qu'un enfant qui se plait aux récits De géants , de combats, de fantômes, d'esprits ;
| Qui, dans le même instant , désire, espère, tremble,
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S'arrête, s'adoucit, pleure et rit tout ensemble. Trop heureux si sa muse ornaït la vérité.
Non qu'ici je prétende avec sévérité
Proscrire la féerie , aimable enchanteresse, léritière aujourd'hui des fables de la Grèce ; Mais, fille de l’aimable et sage fiction,
Que sa mère l'instruise à suivre la raison.
RIRES