‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 825 sur 914 · BOISJOLIN · texte numérisé non relu

BOISJOLIN

| Dans ces châteaux lointains, fermés à sa puissance , | Des palais du sommeil respectant le silence, Le

Elle va sous le chaume, où le vieux laboureur

De ce nouveau printemps implore la faveur ;

Plus loin, elle produit, dans la forêt moins sombre, Le mobile combat et du jour et de l'ombre.

De l'œil , à cet éclat, semblent se rapprocher

La cascade hleuûtre et l'humide rocher,

Et, d'un brouillard qui fuit la montagne entourée, Reparaît sous l'azur dont elle est colorée.

La rivière, à l'asçect du globe lumineux,

Sans abri, solitaire, en reçoit tous les feux;

Elle étincelle au loin: et son onde, plus belle, Semble s'enorgueillir de sa beauté nouvelle.

Les rayons, divisés en mobiles réseaux,

Rouleut en nappes d'or sur l'argent de ses eaux; Son éclat vacillant se prolonge , et ma vue

Suit des flots radieux l'incertaine étendue, Jusqu'aux lieux où le bois, par d'obliques retours, Ombrage, rembrunit, me dérobe leur cours,

Et ferme à mes regards cette scène champêtre, Où, comme aux champs d'Edea, l'homme semble renaitre, Et seul sait contempler , dans le recueillement,

Ce passage si doux du calme au mouvement, Cette aimable union, ce céleste hyménée

De l'aurore du jour, du matin de l’année.

a de lui le Poëme des Fleurs, un Fragment sur la Pèrhe, imité de Thompsou , et une traduction de la Forét de Windsor de Pope.

On les voit s'épaissir, s'élever et s'étendre. D'un tonnerre éloigné le bruit s’est fait entendre : Les flots en ont frémi, l'air en est ébranlé, Et le long du vallon le feuillage a tremblé ;

Les monts ont prolongé le lugubre murmure, Dont le son lent et sourd attriste la nature.

Il succède à ce bruit un calme plein d'horreur, Et la terre en silence attend dans la terreur ; Des monts et des rochers le vaste amphithéâtre Disparait tout à coup sous un voile grisätre ;

Le nuage élargi le couvre de ses flancs;

Il pèse sur les airs tranquilles et brülants.

Mais des traits enflammés ont sillonné la nue, Et la foudre , en grondant, roule dans l'étendue ; Elle redouble, vole, éclate dans les airs;

Leur nuit est plus profonde, ej de vastes éclairs En font sortir sans cesse un jour pâle et livide. Du couchant ténébreux s'élève un vent rapide, Qui tourne sur la plaine, et, rasant les sillons, Enlève un sable noir, qu'il roule en tourbillons.

Saint-Lambert (marquis de) naquit, en 1717, à Vézelise en Lorraine , d'une famille noble mais pauvre. Il embrassa d’abord la carrière militaire, à laquelle il renonça bientôt pour se consacrer exclusivement aux lettres. En 1769, Saint-Lambert publia son poëme des Saisons, qui, à son apparition, fut l'objet de critiques trop sévères et d'éloges également exagérés. On y trouve, sinon de la verve ct de l'invention , au moins yue élégance soutenue , des pensées ingénieuses, de beaux vers, et souvent des morceaux entiers dignes d'être retenus. Mais où ne sent pas dans l’auvrage la flamme créatrice et la haute inspiration de Thompson. Après ce poëme, beaucoup trop loué par Voltaire et La Ilarpe, Saint-Lambert fit paraitre les contes de l'Abenaki, de Sara Th... et de

, Ce nuage nouveau, ce torrent de poussière,

Dérobe à la campagne un reste de lumière.

La peur, l'airain sonnant., dans les temples sacrés Font entrer à grands flots les peuples égarés. Grand Dieu! vois à tes pieds leur foule consternée, Te demander le prix des travaux de l'année.

Hélas! d’un ciel en feu les globules glacés Ecrasent, en tombant, les épis renversés.

Le tonnerre et les vents déchirent les nuages;

Le fermier de ses champs contemple les ravages, Et presse dans ses bras ses enfants effrayés.

La foudre éclate, tombe : et, des monts foudrovés, Descendent à grand bruit les gravier: et les ondes, Qui courent en torrents sur les plaines fécondes.

O récolte ! à moissons! tout périt sans retour : L'ouvrage de l'année est détruit dans un jour.

Ziméo , des Poësies fugitives et des Fables Orientales. Dans l’Abenaki l'auteur veut prouver que l'homme sauvage est meilleur que l’homme’ policé. Les Fables Orientales, imitées en partie de Saadi, ne manquent ni de grâce ni de naturel. S?s Poëésirs fugilives ont un air de famille avec celles de Voltaire. Saint-Lambert fut reçu à l'Académie le 23 juin 1770. Il mourut le 9 février 183, dans sa quatre-vingt-sixième année. Vers la fin de sa carrière, il imprima un grand ouvrage de morale et de philosophie, intitulé : le Catéchisme universel; l'Institut demandait en 1806 un des prix décennaux pour cet ouvrage. L'auteur mourut le 11 février 1805 , à l'âge de

fans.

DELILLE

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