LES CIEUX, LA MER ET LA TERRE
0 UI, c'estun Dieu cachéquele Dieuqu'il faut croire ; Mais, tout caché qu'il est, pour révéler sa gloire, Quels témoins éclatants devant moi rassemblés ! Répondez, cieux et mers; et vous, terre, parlez! Quel bras put vous suspendre, innombrables étoiles ?
4 Dans un article à la fois pittoresque et touchant sur les Catacombes de Paris, l'Ermile de la Chaussée s'exprime ainsi: « J'ai souvent entendu raconter au peiutre Robert, et toujours avec ua nouvel intérêt, son aventure des Catacombes de Rome. Le récit très-simple de ses craintes, de ses angoisses dans cette affreuse circonstance, produisait encore, après vingt ans, une impression de terreur que l'on ne retrouve peut-être pas tout entière dans les vers admirables de Delille, qui a traité le même
Nuit bril'ante, dis-nous qui L’a donné tes voiles.
O cieux! que de grandeur et quelle inajesté!
J'y reconnais un maitre à qui rien n'a coûté.
Et qui dans vos déserts a semé la lumière,
Ainsi que dans les champs il sème la poussière. Toi qu'annonce l'aurore, admirable flambeau, Astre toujours le même , astre toujours nouveau, Par quel ordre, 6 soleil! viens-tu du sein de l'onde
sujet. » Cette observation juste indique le seul ‘'éfaut du célèbre épisode. Delille y est trop Delille, et pas assez Robert. Le poëte oublie ct remp'ace l'acteur, qui n'avait besoin. pour nous faire frémir, que de se livrer à ses fortes impressions réveillées en lui par le s uvenir des supplices de son agonie. En lisant l'épisode d'Ugolin . dans l’Enfer du Dante, on sent d'abord tout ce que ce grand poëête aurait 1jouté de profond et de terrible au tableau du chantre de l’Imagination.
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Nous rendre les rayons de ta clarté féconde?
Tous les jours je t'attends , tu reviens tous les jours : Est-ce moi qui t'appelle et qui règle ton cours ? Et toi dont le courroux veut engloutir la terre, Mer terrible , en ton lit quelle main te resserre? Pour forcer ta prison tu fais de vains efforts : La rage de tes flots expire sur tes bords.
Fais sentir ta vengeance à ceux dont l’avarice Sur ton perfide sein va chercher son supplice. Hélas! prêts à périr, t'adressent-ils leurs vœux ? Ils regardent le ciel, secours des malheureux. La nature, qui parle, en ce péril extrême, Leur fait lever les mains vers l'asile suprême : . Hominage que toujours rend un cœur effrayé Au Dieu que jusqu'alors il avait oublié!
La voix de l'univers à ce Dieu me rappelle ;
La terre le publie. « Est-ce moi, me dit-elle, Est-ce moi qui produis mes riches ornements ? C'est celui dont la main posa mes fondements.
. Si je sers tes besoins , c’est lui qui me l'ordonne,
Les présents qu'il me fait, c'est à toi qu'il les donne. Je me pare des fleurs qui tombent de sa main :
Il ne sait que l'ouvrir, et m'en remplit le sein. Pour consoler l'espoir du laboureur avide,
C'est lui qui, dans l'Égypte, où je suis trop aride, Veutqu'au moment prescrit, le Nil, loin de ses bords, Répandu sur la plaine, y porte mes trésors. »
ES