‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 833 sur 914 · LES OISEAUX · texte numérisé non relu

LES OISEAUX

Ms pour toi que jamais ces miracles n'étonnent, Stapide spectateur des biens qui t'environnent,

‘Racine (Louis), le second fils de l'auteur d’Andromaque et d’Iphigénie, naquit à Paris le 6 novembre 1692. Élève de son père, de l'excellent Rollin et de Mesenguy, il fit des progrèsrapides sous ces babiles maitres. N'ayant pu prendre goût pour la profession d'avocat, il alla passer trois ans dans une des maisons de la compagnie de l'Oratoire ; il y composa son puëme de la Grüre. Admis par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, il se mit bientôt sur les rangs pour l'Académie française ; le cardinal ce Fleury traversa son élection et l'envoya occuper une place de finances en province. Racine demeura vingtquatre années dans cet exil. Revenu à Paris, il se consacra tout entier aux lettres. Les nouvelles éditions , qu'il publia de ses ouvrages, accrurent beaucoup sa réputation. La perte de son fils, entrainé par les flots lors du tremblement de terre qui détruisit Lisbonne , lui causa une si grande douleur qu'il renonça mème à l'étude. Sa seule distraction était la culture des fleurs dans un petit jardin situé au fond du faubourg Saint-Denis. Racine mourut, le 29 janvier 1763, avec les sentiments religieux d'un chrétien convaincu et persuadé ; on ne connait pas

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DRITREE

O toi qui follement fais ton dieu du hasard, Viens me développer ce nid qu'avec tant d'art, Au même ordre toujours architecte fidèle,

À l’aide de son bec, maçonne F'hirondelle !

Comment, pour élever ce hardi bâtiment, A-t-elle, en le broyant , arrondi son ciment ?

. Et pourquoi ces oiseaux, si remplis de prudence,

Ont-ils de leurs enfants su prévoir la naissance? Que de berceaux pour eux aux arbres suspendus ! Sar le plus doux coton que de lits étendus!

Le père vole au loin, cherchant dans la campagne Des vivres qu'il apporte à sa tendre compagne ;

Et la tranquille mère , attendant son secours , Échauffe dans son sein le fruit de leurs amours. Des ennemis souvent il repousse la rage;

Et dans de faibles corps s'allume un grand courage. Si chèrement aimés , leurs nourrissons un jour Aux fils qui naitront d'eux rendront le même amour. Quand des nouveaux zéphirs l'haleine fortunée Allumera pour eux le flambeau d'hyménée, Fidèlement unis par les plus tendres liens,

Ils rempliront les airs de nouveaux citoyens : Innombrable famille , où bientôt tant de frères

Ne reconnaitront plus leurs aïeux ni leurs pères. Ceux qui, de nos hivers redoutant le courroux, Vont se réfugier dans des climats plus doux,

Ne laisseront jamais la saison rigoureuse ‘Surprendre parmi nous leur troupe paresseuse. Dans un sage conseil, par les chefs assemblé,

Du départ général le grand jour est réglé;

L arrive : tout part. Le plus jeune peut-être Demande, en regardant les lieux qui l'ont vu naître, Quand viendra ce printemps par qui tant d'exilés Dans les champs paternels se verront rappelés.

une t*che dans la vie de cet excellent homme, qui fut en outre très-modeste. Rien ne manque à 1a partie didac'ique de son poëme de la Religion , mais le plan n'a rien de cette im:gination qui invente, et la versification n’a pas non plus assez de cette poésie qui anime et vivifie. Il manque de la flamme de son père : c'est un flambeau qui luit sans échauffer. Malgré ces justes reproches, il n'y a pas dans l'ouvrage de chants où l'on ne trouve des traits excellents et on grand nombre de vers admirables ; il a obtenu un très-grand nombre d'éditions. Son poëme de la Gräce est bien inférieur à celui de la Religion sous tous les rapports. On estime sa traduction en prose du Paradis perdu, de Milton, accompagnée de notes et de comparaisons judicieuses et pleines de goût. Les Mémoires sur la vie de J. Rarine , avec ses lettres et celles de Boileau, sont un monument de la piété filiale etlun monument biographique du plus grand intérêt ; mais la vérité s’y trouve altérée en plusieurs endroits. La meilleure édition des œuvres de Louis Racine est celle que M. Lenormand a publiée en 1808, 6 volumes in-8°; clle est précédée de l'éloge de l'auteur par Le Beau,

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