‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 834 sur 914 · L | LE BRUN · texte numérisé non relu

L | LE BRUN

DIEU ET SON ESSENCE. | N'ont pu créer mon âme, essence de lumière. Je pense : ma pensée atteste plus un Dieu

D Que tout le firmament et ses globes de feu. a E cet Être infini l'infini te sépare. Voilé de sa splendeur, dans sa gloire profonde, % Du char glacé de l'Ourse aux feux de Sirius D'un regard éternel il enfante le monde. À.

Le Il règne : il règne encore où les cieux ne sont plus. | Les siècles devant lui s'écoulent , et le temps + Dans ce gouffre sacré quel mortel peut descendre ! | N'oserait mesurer un seul de ses instants.

; L’immensité l'adore et ne peut le comprendre; Ce qu'on nomme destin n'est que sa loi suprême :

+ Ettoi, songe de l'Étre, atome d'un instant, L'immortelle nature est sa fille , est lui-même,

+ Egaré dans les airs sur ce globe flottant, Il est tout ; tout est lui : seul être illimité,

+ Des mondes et des cieux spectateur invisible, En lui tout est vertu, puissance , éternité.

+ Ton orgueil pense atteindre à l'Être inaccessible ! Au-delà des soleils , au-delà de l'espace,

% Tu prétends lui donner tes ridicules traits; Il n'est rien qu'il ne voie, il n'est rien qu’il n’embrasse.

+ Tuveux, dans ton Dieu même, adorer tes portraits! | Il est seul du grand Tout le principe et la fin,

+ Nil'aveugle hasard, ni l’aveugle matière, Et la création respire dans son sein.

D VOLTAIRE

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