L | LE BRUN
DIEU ET SON ESSENCE. | N'ont pu créer mon âme, essence de lumière. Je pense : ma pensée atteste plus un Dieu
D Que tout le firmament et ses globes de feu. a E cet Être infini l'infini te sépare. Voilé de sa splendeur, dans sa gloire profonde, % Du char glacé de l'Ourse aux feux de Sirius D'un regard éternel il enfante le monde. À.
Le Il règne : il règne encore où les cieux ne sont plus. | Les siècles devant lui s'écoulent , et le temps + Dans ce gouffre sacré quel mortel peut descendre ! | N'oserait mesurer un seul de ses instants.
; L’immensité l'adore et ne peut le comprendre; Ce qu'on nomme destin n'est que sa loi suprême :
+ Ettoi, songe de l'Étre, atome d'un instant, L'immortelle nature est sa fille , est lui-même,
+ Egaré dans les airs sur ce globe flottant, Il est tout ; tout est lui : seul être illimité,
+ Des mondes et des cieux spectateur invisible, En lui tout est vertu, puissance , éternité.
+ Ton orgueil pense atteindre à l'Être inaccessible ! Au-delà des soleils , au-delà de l'espace,
% Tu prétends lui donner tes ridicules traits; Il n'est rien qu'il ne voie, il n'est rien qu’il n’embrasse.
+ Tuveux, dans ton Dieu même, adorer tes portraits! | Il est seul du grand Tout le principe et la fin,
+ Nil'aveugle hasard, ni l’aveugle matière, Et la création respire dans son sein.
D VOLTAIRE