‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 843 sur 914 · LE POËTE MOURANT · texte numérisé non relu

LE POËTE MOURANT

L, coupe de mes jours s'est brisée encor pleine;

Ma vie en longs soupirs s'enfuit à chaque haleine;

Ni larmes ni regrets ne peuvent l'arrêter;

Et l'aile de la mort, sur l'airain qui me pleure,

Eu sons entrecoupés frappe ma dernière heure : Faut-il gémir? faut-il chanter ?

Chantons, puisque mes doigts sont encor sur la lyre; Chantons, puisque la mort, comme au cygne, m'inspire, Aux bords d'un autre monde, un cri mélodieux.

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C'est un présage heureux donné par mon génie : Si notre âme n'est rien qu'amour et qu'harmonie, Qu'un chant divin soit ses adieux!

Lalyre, en-se brisant, jette un son plus sublime ;

La lampe qui s'éteint tout à coup se ranime,

Et d'un éclat plus pur brille avant d'expirer ;

Le cygne voit le ciel à son heure dernière :

L'homme seul, reportant ses regarils en arrière, Compte ses jours pour les pleurer.

Qu'est-ce doncquedes jours, pour vouloir qu'onles pleure?

Un soleil, un soleil, une heure et puis une heure :

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