L'ENFANT
Dans cette nuit obscure, à mes regards voilée, Quel destin m'est promis ? à quoi suis-je appelée ? A vide d'un espoir qu’à peine j'entrevois,
Mon cœur voudrait franchir plus de jours à la fois! Si la nuit règne aux cieux, une ardente insomnie, À ce cœur inquiet révèle son génie.
Mes compagnes en vain m'appellent; et ma main De la main qui l’atteud s'éloigne avec dédain.
L'ANGE
Crains, jeune enfant , la tristesse sauvage Dont ton orgueil subit la vaine loi.
Loin de les fuir, cours aux jeux de ton âge, Jouis des biens que le Ciel fit pour toi :
Aux doux ébats de l’innocente joie N'oppose plus un front triste et rêveur; Sous l'œil de Dieu suis ta riante voie; Enfant, crois-moi, je conduis au bonheur.