LE DÉPART DE BONAPARTE
Eckmull, Montebello, Berg, Frioul, Neufchätel ; Vous donnerez au Camp un blason immortel !
Le glaive impérial qui détruit et qui sonde,
Pour vous, en écussons , decoupera le monde :
Et devant l'ennemi, sous le feu des canons,
D'un baptème de sang anoblira vos noms !
Dans ce drame éclatant de quatorze ans de gloire, Commencé sur le Nil, achevé sur la Loire,
Vous reverrez un jour vos généraux vieillis , Soldats du mont Thabor et d’Héliopolis !
Vos drapeaux, qu’agita l’aquilon d'Idumée ; Marcheront les premiers devant la Grande-Armée; Vos pas ébranleront tont le Nord chancelant
Aux plaines d’Austerlitz, d'Iéna , de Friedland ; Jours de fête, où perçant un rideau de nuages,
Le soleil dardera ses lumineux présages.
Bientôt , des bords du Rhin , vers l’Asie élancés, Émules rajeunis de vos travaux passés , Épouvantant des czars la sainte métropole ,
Vous irez dans Moscou chercher la clef du pôle : Et quand , pour échapper à vos puissantes mains, Le pôle, sous vos pieds, glacera ses chemins ;
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Quand les rois, secouant leur stupeur léthargique, Convoqueront l’Europe aux champs de la Belgique, Une dernière fois , parés des trois couleurs, Soldats, vous combattrez dans ce vallon de pleurs, Où la France, portant son dernier coup d'épée, Tombera digne d'elle, au visage frappée ! ! !
Alors de ce grand siècle, étonné de finir,
Plus rien ne restera qu'un morne souvenir.
Sur une île de rocs, dans l'Océan jetée,
La gloire et le génie auront leur Prométhée,
Et les rois, l'enchainant à cet écueil lointain,
Au vautour britannique, offriront un festin.