FRAGMENT D'ÉLOA
Eloa est un des plus beaux anges des cieux. Selon l'ingénieuse fiction du pucte, cet ange est né d'une larme du Christ , et sa divine origine se révèle dans son amour pour tout ce qui souffre, dans sa charité infinie pour tous les maux. Élos s'égare quelquefois des cieux pour aller porter des paroles de consolation aux mondes que Dieu sema de sa main dans l'espace. C'est dans un de ces voyages mystérieux qu'elle rencontre Lucifer, qui tente de la séduire. L'innocence d'Eloa lutte d'abord victorieusement contre les piéges du maudit.
Sun la neige des monts, couronne des hameaux, L'Espagnol a blessé l'aigle des Asturies
Dont le vol menaçait ses blanches bergeries ; Effrayé , l'oiseau part et fait pleuvoir le sang, Monte aussi vite au ciel que l'éclair en descend, Regarde son soleil, d'un bec ouvert l’aspire, Croit reprendre la vie au flamboyant empire ; Dans un fluide d'or il nage puissamment,
Et parmi les rayons se balance un moment.
Mais l’homme l'a frappé d’une atteinte trop sûre ; Il sent le plomb chasseur fondre dans sa blessure; Son aile se dépouille , et son royal manteau
Vole comme un duvet qu'arrache le couteau :
Dépossédé des airs , son poids le précipite ;
Dans la neige du mont il s'enfonce et palpite,
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Des nations en deuil , sublimes mandataires, Trois hommes le suivront sur les mers solitaires ; Ils formeront la cour de son étroit palais,
Et, sur un sol impur, sous un soleil anglais, Volontaires captifs dans l'île sépulcrale, Serviront sans témoins son ombre impériale.
Ainsi, quand sous la voûte aux funèbres parois, Memphis vit enfermer le plus grand de ses rois, Consacrant à la mort un culte légitime, D'étranges courtisans suivirent la victime ;
Et d'une gloire éteinte escortant les débris . Vivants, dans son tombeau , gardèrent Sésostris 1]