FRAGMENTS DES TEMPLIERS
.. HARGÉ d'exécuter les volontés du roi’,
L ( Je m'acquitte à regret de ce devoir pénible;
Le Croyez qu'à vos malheurs, hélas ! je suis sen- | & sible.
LE GRAND-MAITRE
SNS | : +
SWY\ Eh quoi! sur nos malheurs on daigne s'at- NY tendrir ?
Ÿ Osez les annoncer : nous saurons les souffrir.
Exécutez soudain les ordres qu'on vous donne,
Etcroyez que moncϾur vous plaintet vous pardonne.
Qu'exigez-vous enfin de tous ces chevaliers ?
MARIGNI
A part. Haut.
Je frémis de le dire. Ils sont mes prisonniers.
LE GRAND-MAITRE
Forts de notre courage et de notre innocence, Nous avons quelque droit de faire résistance. Peut-être savez-vous par quels nobles exploits Nous avons honoré l'étendard de la Croix :
Eh bien! entre vos mains chacun de nous se livre;
‘ C'eit Marigni qai parle.
Chacun de nous est prêt et consent à vous suivre. Ils ren:ient leurs épées.
Mais ne nous cachez rien, annoncez notre sort : Quel est-il ? la prison , l'exil, les fers, la mort ? Nous vous obéirons.
MARIGNI
O vertu que j’admire !
LE GRAND-MAITRE
N'admirez que le Ciel ; c'est lui qui nous l’inspire. MARIGNI.
Ah! combien je vous plains!
LE GRAND-MAITRE
| Plaignez ces courtisans Qui , de tous nos revers coupables artisans, Ont armé contre nous le courroux de leur maitre ; Ils seront malheureux : ils méritent de l'être. MARIGNI.
Croyez que vos amis détromperont le roi.
LE GRAND-MAITRE
Je ne l'espère pas. Et qui l’oserait ?
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Moi.
Aux volontés du roi je dois l'obéissance ; Mais j'ose devant lui secourir l'innocence.
” Soyez sûr que ma voix vous défendra toujours : Ah! puissé-je sauver votre gloire et vos jours! LE GRAND-MAITRE.
Mais à qui devons-nous tant de reconnaissance ? Qui daigne en cet instant prendre notre défense ?
Nommez...
MARIGNI
Je suis le fils du ministre du roi, Marigni.
LE GRAND-MAITRE, avec surprise, el ensuile avec retenue.
Marigni!... C’est vous-même !
MARIGNI
Mais quoi !
Vos yeux...
LE GRAND-MNAITRE.
De notre sort hâtez-vous de m'instruire.
MARIGNI
Aux prisons du palais je devais vous conduire.
LE GRAND-MAITRE
Vous direz donc au roi, qui nous charge de fers, Que, loin de résister, nous nous sommes offerts. On peut dans les prisons entraîner l'innocence , Mais l'homme généreux, armé de sa constance , Sous le poids de ses fers n’est jamais abattu : S'ils pèsent sur le crime, ils parent la vertu. Où sont nos fers, nos fers? MARIGNI, à part.
Quelle honte m'accable !
LE GRAND-MAITRE
Remplissez ce devoir. | MARIGNI.
Je serais trop coupable.
LE GRAND-MAITRE. | Vous désobéissez aux volontés du roi!
MARIGNI
Je cesse d'obéir ; c'est un devoir pour moi.
LE GRAND-MAITRE
.-Vous qui le connaissez, redoutez donc sa haine. MARIGNI.
Ah! c'est trop le servir : votre mort est certaine. LE GRAND-MAITRE.
Obéissez toujours. Non, nous n’espérons pas Désarmer l'injustice, échapper au trépas.
ER SSs 2h. 382