FRAGMENTS DE MARIE STUART
P AR Où commencerai-je ? et comment à ma bouche Prêterai-jeun discours qui vous plaise et vous touche? Accorde-moi, mon Dieu , de ne point l'offenser ! Émousse tons les traits qui pourraient la blesser ! Toutefois quand d’un mot mon destin peut dépendre, Sans me plaindre de vous je ne puis me défendre. Oui, vous fütes injuste et cruelle envers moi. Seule, sans défiance , en vous mettant ma foi, Comme une suppliante , enfin , j'étais venue ;
Et vous, entre vos mains vous m'avez retenue.
De tous les souverains blessant la majesté,
Pa af nf LENS
Malgré les saîntes lois de l'hospitalité,
Malgré ce droit des gens et la foi réclamée,
Dans les murs d'un cachot vous m'avez enfermée ; Dépouillée à la fois de toutes mes grandeurs, Sans secours , sans amis, presque sans serviteurs, Au plus vil dénument dans ma prison réduite ; Devant un tribunal, moi, reine, on m'a conduite. Eaufin n'en parlons plus; qu'en un profond oubli Tout ce que j'ai souffert demeure enseveli :
Je veux en accuser la seule destinée.
Contre moi, malgré vous, vous fûtes entraînée : Vous n'êtes pas coupable , et je ne le suis pas;
Un esprit de l'abime , envoyé sur nos pas,
SARRRSSERSSE SSII