‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 101 sur 265 · ADIEUX DE FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

ADIEUX DE FONTAINEBLEAU

Soldats ! je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans que nous sommes ensemble, je suis content de vous. Je vous ai toujours trouvés au chemin de la gloire. Toutes les puissances de l'Europe se sont armées contre moi. Quelques uns de mes généraux ont trahi leur devoir et la France. Elle-même a voulu d'autres destinées : avec vous et les braves qui me sont restés fidèles, j'aurais pu entretenir la guerre civile ; mais la France eût été malheureuse. Soyez fidèles à votre nouveau roi ; soyez soumis à vos nouveaux chefs et n'abandonnez pas notre chère patrie. Ne plaignez pas mon sort ; je serai heureux lorsque je saurai que vous l'êtes vous-mêmes. J'aurais pu mourir ; si j'ai consenti à survivre, c'est pour servir encore à votre gloire. J'écrirai

les grandes choses que nous avons faites Je ne puis

vous embrasser tous, mais j'embrasse votre général. Venez, général Petit, que je vous presse sur mon cœur ! Qu'on m'apporte l'aigle! que je l'embrasse aussi! Ah! chère aigle, puisse ce baiser que je te donne retentir dans la postérité ! Adieu, mes enfants ; mes vœux vous accompagne ront toujours ; gardez mon souvenir !

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