‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 132 sur 265 · ER II Y · texte numérisé non relu

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au désir d'aller parler encore une fois au compagnon de sa vie, il se traîna péniblement sur la terre, à l'aide de ses mains er de ses genoux, et parvint jusqu'à son coursier. •' Pauvre ami. lui dit-il, que feras-tu parmi les Turcs ? tu seras emprisonné sous les voûtes d'un kan avec les chevaux d'un aga ou d'un pacha ; les femmes et les enfants ne t'apporteront plus le lait du chameau, l'orge ou le doura dans le creux de la main ; tu ne courras plus libre dans le désert, comme le vent d'Egypte, tu ne fendras plus du poitrail l'eau du Jourdain qui rafraîchissait ton poil aussi blanc que ton écume ; qu'au moins, si je suis esclave, tu restes libre ! Tiens, va, retourne à la tente que tu connais ; va dire à ma femme qu* Abou-el-Marsch ne reviendra plus, et passe ta tête entre les rideaux de la tente pour lécher la main de mes petits enfants." En parlant ainsi, Abou-el-Marsch avait rongé avec ses dents la corde de poil de chèvre qui sert d'entraves aux chevaux arabes, et l'animal était libre ; mais voyant son maître blessé et enchaîné à ses pieds, le fidèle et intelligent coursier comprit, avec son instinct, ce qu'aucune langue ne pouvait lui expliquer ; il baissa la tête, flaira son maître, et le saisissant avec les dents par la ceinture de cuir qu'il avait autour du corps, il partit au galop et l'emporta jusqu'à ses tentés. En arrivant et en jetant son maître sur le sable aux pieds de sa femme et de ses enfants, le cheval expira de fatigue. Toute la tribu Ta pleuré ; les poètes l'ont chanté, et son nom est constamment dans la bouche des Arabes de Jéricho.

{Voyage en Orient.)

THIERRY (AircusTiN) naquit à Blois le 10 mai 1795. Les Lettres sur r Histoire de France, qui parurent d'abord dans le Courrier français, fixèrent l'attention des e.sprits sérieux, et firent concevoir du jeune historien des espérances que réalisa complètement la publication de l'Histoire de la conquête de V Angleterre pnr les Normands. Cet ou-

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vrage, un des plus solides et des plus remarquables parmi ceux dont s'honore notre siècle ouvrit à M. A. Thierry les portes de l'Institut en 1830j et est pour lui un titre de gloire impérissable.

Aveugle depuis plusieurs années, M. A. Thierry n'en poursuit pas moins activement ses travaux, grâce au zèle d'une amitié pieuse qui se plait à lui rendre faciles des recherches que l'auteur ne peut plus faire lui-même. Dix ans d'études historiques, volume paru en 1834 et Récits des temps Mérovingiens publiés en 1840 sont les derniers ouvrages du grand et savant historien. — En 1835 M. A. Thierry a été appelé par M. Guizot à diriger la publication des documents inédits de VHistoire du tiers état.

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