‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 174 sur 265 · L. EACINE · texte numérisé non relu

L. EACINE

RACINE (Louis) naquit à Paris le 6 novembre 1692. Il eut Rollln pour professeur. Boileau, qui ne croyait pas à la succession du talent poétique, s'efforça de le détourner de la carrière des lettres ; mais Louis Racine cédant à sou penchant, composa dans le couvent des frères de l'Oraioire de Notre-Dame-des- Vertus oti il s'était retiré, son poème de la Grâce, qui parut en 1720. Le succès de ce premier ouvrage lui fit abandonner sa retraite ; le cardinal de Fleury lui procura dans les finances un poste lucratif, et lui fournit ainsi les moyens de se livrer sans inquiétude à ses goûts littéraires. Le poème de la Religion, qu'il publia en 1742, est l'œuvre sur laquelle est fondée sa réputation. Cet ouvrage renferme de nombreux passages dont le style pur, noble et harmonieux prouve que Louis Racine était non seulement un habile écrivain, mais encore un grand poète. La monotonie de cette belle composition peut être imputée en partie à la sévérité du sujet.

Louis Racine mourut d'une attaque d'apoplexie le 29 janvier 1763

PREUVES PHYSIQUES DE l'eXISTENCE DE DIEU.

Oui, c'est un Dieu caché que le Dieu qu'il faut croire ; Mais, tout caché qu'il est, pour révéler sa gloire, Quels témoins éclatants devant moi rassemblés ' Répondez, cieux et mers ; et vous, terre, parlez. Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles ^ Nuit brillante, dis-nous qui t'a donné tes voiles ? O cieux, que de grandeur, et quelle majesté ! J'y reconnais un maître à qui rien n'a coûté, Et qui dans vos déserts a semé la lumière, A.insi que dans nos champs il sème la poussière

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Toi qu'annonce l'aurore, admirable flambeau, Astre toujours le même, astre toujours nouveau, Par quel ordre, ô soleil, veins-tu du sein de l'onde Nous rendre les rayons de ta clarté féconde ? Tous les jours je t'attends, tu reviens tous les jours ; Est-ce moi qui t'appelle et qui règle ton cours ? Et toi, dont le courroux veut engloutir la terre. Mer terrible, en ton lit quelle main te resserre ? Pour forcer ta prison tu fais de vains efforts ; La rage de tes flots expire sur tes bords. Fais sentir ta vengeance à ceux dont l'avarice Sur ton perfide sein va cbercher son supplice. Hélas ! prêts à périr, t'adressent-ils leurs vœux ' Ils regardent le ciel, secours des malheureux. La nature, qui parle en ce péril extrême. Leur fait lever les mains vers l'asile suprême ; Hommage que toujours rend un cœur eflrayé Au Dieu que jusqu'alors il avait oublié.

(La Religion, chant 1.)

VOLTAIRE (François-Marie Arouet de) naquit à Châtenay, près de Sceaux, le 20 février 1694. Il changea à vingt ans son nom d'Arouet contre celui de Voltaire, pour voir disait-il. s'i/ lui réussirait mieux. La popularité que ce nom a acquise a certainement dépassé l'espérance qu'avait pu concevoir celui qui le choisit.

Poèmes, tragédies, satires, épitres, poésies légères, rentes, épigrommc3, histoire, philosophie, romans, critique, enfin tous les genres littéraires les plus divers et les plus opposés semblent avoir été le domaine de cet esprit universel qui a produit presque autant de chefs-d'œuvre que d'ouvrages. La Henriade, Œdipe, Zaïre, Alzi're, Mahomet, Mérope, le Temple du goût, etc., sont des œuvres admirables qui assurent à Voltaire, sinon la première place, du moins un rang très distingué parmi nos plus grands poètes ; aucun écrivain n'a eu sur son siècle une influence aussi grande que celle qu'a exercée Voltaire sur le sien, et l'on peut dire que pendant cinquante an.s les hommes les plus distingués ont abdiqué leurs propres opinions pour assurer le triomphe de celles qu'il voulait faire prévaloir.

Voltaire, admis à l'Académie française en 1746 à la place du président Bouhier, mourut à Paris le 30 mai 1778, â,gé de quatre-vingtquatre ans.

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