‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 195 sur 265 · FRAGMENT · texte numérisé non relu

FRAGMENT

Quoi donc ! un écrivain veut que son nom partage Le tribut de louange offert à son ouvrage, Et m'impuie à forfait, s'il blesse la raison, De la venger d'un ve'rs égayé de son nom ! Comptable de l'ennui dont sa muse m'assomme, Pourquoi s'est-il nommé, s'il ne veut qu'on le nomme ^ Je prétends soulever les lecteurs détrompés Contre un auteur bouffi de succès usurpés ; Sous une périphrase étouffant ma franchise, Au lieu de d'Alembert, faut-il donc que je dise : C'est ce joli pédant, géomètre orateur.

De l'Encyclopédie ange conservateur, Dans l'histoire chargé d'inhumer ses confrères, Grand homme, car il fait leurs extraits mortuaires. Si j'évoque jamais du fond de son journal, Des sophistes du temps l'adulateur banal, Lorsque son nom suffit pour exciter le rire, Dois-je, au lieu de La Harpe, obscurément écrire : C'est ce petit rimeur, de tant de prix enflé. Qui siffle pour ses vers, pour sa prose sifflé, Tout meurtri des faux pas de sa muse tragique. Tomba de chute en chute au trône académique ? Ces détours sont d'un lâche et malin détracteur ; Je ne veux point offrir d'énigmes au lecteur.

{^Mon Apologie.)

PARNY (Evariste-Désiré Desforges, chevalier de) naquit * rile-Bourbon, le 6 février 1753. Ce poète sut, à une époque où le mauvais goût dominait, rester constamment pur, élégant et naturel. Jamais dans ses vers la recherciie et l'affectation n'altérèrent la naïveté ou la grâce du sentiment. Pai:iy s'est placé presque au niveau des écrivains classiques du dix-septieme siècle. Ses Poésies élégiuques soni

des chefs-d'œuvre de style, et ses petits poèmes des Tableaux et des Fleurs brillent particulièrement de ces couleurs douces et suaves dont il a embelli toutes ses compositions.

Paniy mourut à Paris, le 5 décembre 1814. Il était membre de l'Aradémie depuis 18U3.

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