‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 219 sur 265 · MILLEVOYE · texte numérisé non relu

MILLEVOYE

MILLEVOYE (Charles-Hubert) naquit à. Abbeville, le 24 décembre 1782. Quoique la littérature eût un vif attrait pour lui, et que, dès le collège, il eût composé des vers qui lui avaient mérité de justes éloges, il tenta la carrière du barreau, puis celle du commerce, avant de se livrer à ses travaux favoris. Millevoye fut souvent couronné dans les concours académiques ; il mérita par les poèmes d'Emma et

Eginard, de l'Amour maternel et des Plaisirs du poète, la réputation d'un écrivain pur et élégant. Mais ce qui a le plus contribué à sa renommée, et ce qui doit faire vivre son nom, ce sont les touchantes élégies dans lesquelles il a répandu le charme de la mélancolie la plus vraie et la plus douce, et qui toutes sont empreintes de la profonde tristesse à laquelle succombait le poète. Sa santé chancelante lui fit pressentir la courte durée de sa vie, et il prédit lui-même sa fin prochaine dans sa belle élégie du Poète mourant. Ses cruels pressentiments ne l'avaient pas trompé ; à l'âge de trente-quatre ans, il s'éteignit doucement en lisant un volume de Fénelon. Millevoye mourut à Paris le 12 août 1816.

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