LA MORT DE JEANNE D ARC
A qui réserve-t-on ces apprêts meurtriers ?
Pour qui ces torches qu'on excite ?
L'airain sacré tremble et s'agite... D'où vient ce bruit lugubre ? où courent ces guerriers, Dont la foule à longs flots roule et se précipite ?
La joie éclate sur leurs traits, Sans doute l'honneur les enflamme ; Ils vont pour un assaut former leurs rangs épais ? Non, ces guerriers sont des Anglais Qui vont voir mourir une femme.
Qu'ils sont nobles dans leur courroux ! Qu'il est beau d'insulter au bras chargé d'entraves ! La voyant sans défense, ils s'écriaient, ces braves :
'• Qu'elle meure ! elle a contre nous Des esprits infernaux suscité la magie..."
Lâches, que lui reprochez-vous ?
D'un courage inspiré la brûlante énergie. L'amour du nom français, le mépris du danger,
Voilà sa magie et ses charmes ;
En faut-il d'autres que des armes Pour combattre, pour vaincre et punir l'étranger '