WASHINGTON
Son extérieur annonçait presque son histoire : simplicité, grandeur, dignité, calme, bonté, fermeté, c'étaient les empreintes de sa physionomie, de son maintien, comme celles de son caractère ; sa taille était noble, élevée ; l'expression de ses traits douce, bienveillante ; son sourire agréable ; ses manières simples sans familiarité.
Il n'étalait pas le faste d'un général de nos monarchies : tout annonçait en lui le héros d'une république ; il inspirait "plutôt qu'il ne commandait le respect, et, dans les yeux de tous ceux qui l'entouraient, on voyait une vraie aflTection et cette «onfiance entière en un chef sur lequel ils semblaient fonder exclusivement leur sécurité. Son quartier, un peu séparé de son camp, présentait l'image de l'ordre qui régnait dans sa vie, dans ses mœurs et dans sa conduite.
Boston fut la première des cités américaines qui donna le signal de l'indépendance aux Etats-Unis, et ses habitants furent les premiers qui cimentèrent de leur sang la liberté naissante. Dans cette contrée septentrionale elle y pousse de plus profondes racines ; le ciel y est plus rigoureux, le culte plus austère, l'esprit d'égalité plus général, l'instruction plus forte ; les mœurs et les courages semblent y montrer une énergie plus sévère.
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Boston, depuis longtemps florissante par son commerce, a l'air de l'aieule des autres cités américaines, et, à l'époque où je m'y trouvais, elle ressemblait parfaitement à une vieille et grande ville d'Angleterre.
La démocratie n'en bannit pas le luxe : nulle part dans les Etats-Unis on ne voit autant d'aisance et une société plus agréable. L'Europe n'oftre point à notre admiration de femmes plus jolies, plus élégantes, mieux élevées et ornées de plus de talents que n'en offraient alors les dames de Boston. (Mémoires.)