‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 248 sur 265 · E. SUE · texte numérisé non relu

E. SUE

* SUE (Eugène) est né à Paris dans les premières années de ce siècle. Fils d'un médecin riche et considéré, descendant d'une famille de docteurs renommés, il étudia lui-même la médecine et navigua ensuite quelque temps en qualité d'aide-chirurgien. Puis, maître d'une belle fortune, il abandonna la mer et la médecine, et se lança hardiment dans la carrière littéraire. On lui doit la création d'un genre nouveau : le roman maritime. Il est douteux pourtant que la Salamandre, la Vigie de Koat Veri et même l'Histoire de la Marine française eussent pu jamais faire à M. Sue une réputation bien durable ; non pas que ces romans maritimes, aussi bien que Mathilde et V Art de plaire, soient dépourvus de mérite ; mais ce mérile-là ne va pas au delà de celui de MM. F. Soulié, Ch. de Bernard, Gozian, P Lacroix, etc., tous écrivains d'imagination et de talent, et qui pourtant ne nous semblent pas appelés a. survivre à leur époque. C'est en mtroduisant dans ses livres certaines théories économiques et un grand luxe de doctrines socialistes que M. Sue a pris un rang à part parmi les romanciers contomporains et s'est acquis l'immense popularité dont il jouit depuis plusieurs années. On ne saurait reprocher à cet

écrivain de s'être déclaré le champion des classes ouvrières ou déshéritées de la fortune ; mais on ne peut trop déplorer le cynisme et la perversité de ses derniers écrits.

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