ARMIDE TROUVE RENAUD ENDORMI ET NE PEUT SE RÉSOUDRE À LE TUER
Enfin il est en ma puissance, Ce fatal ennemi, ce superbe vainqueur.
Le charme du sommeil le livre à ma vengeance,
Je vais percer son invincible cœur !
Par lui tous mes captifs sont sortis d'esclavage :
Qu'il éprouve toute ma rage !
Quel trouble me saisit ; qui me fait hésiter ? Qu'est-ce qu'en sa faveur la pitié me veut dire ?
Frappons !... Ciel ! qui peut m'arrêter ? Achevons... je frémis ! vengeons-nous... je soupire ! Est-ce ainsi que je dois me venger aujourd'hui ? Ma colère s'éteint quand j'approche de lui :
Plus je le vois, plus ma fureur est vaine ;
Mon bras tremblant se refuse à ma haine.
(Armide, act. n, se. iv.)