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LEMERCIER

LEMERCIER (Nêpomucène-Louis) naquit à Paris, en 1771. Il fit représenter, en 1797, Agamemnon, tragédie qui est restée son chefd'œuvre. On lui doit cependant une foule d'ouvrages très distingués, entre lesquels nous citerons les tragédies d^Ophis, de Charlemagne, de Saint-Louis, de Charles VI, de Frédégonde et Brunehaut, la corné-

die de Pinto, le poème di Homère et Alexandre et celui de la Panhypocrisiade. Lemercier, que le beau succès d'Agamemnon aurait dû engager à rester fidèle au langage noble et sévère des écrivaiiis du xviie siècle, contracta des habitudes de style singulières contre lesquelles le public s'éleva avec d'autant plus de raison, qu'elles ouvraient une voie fatale où des écrivains médiocres devaient se hâter d'entrer après lui. La nouvelle langue qui s'est introduite au théâtre procède directement du style dans lequel Lemercier a écrit sa comédie de Richelieu ou la Journée des dupes, et cette poésie brisée, dure, incorrecte et sans rhythme, que le parterre a applaudie un moment, et dont le bon goût a fait prompte justice, n'est que l'exagération de la forme adoptée par Lemercier dans plusieurs de ses ouvrages.

Reçu membre de l'Académie française en 1811, N. Lemercier mourut à Paris en 1840. On lui doit un Cours analytique de littérature générale qui renferme des appréciations critiques dignes d'éloges.

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