‹ Leçons et modèles de littérature française; ouChapitre 202 sur 216 · E. SUE · texte numérisé non relu

E. SUE

* SUE (Eugène) est né à Paris dans les premières années de ce siècle. Fils d'un médecin riche et considéré, descendant d'une famille de docteurs renommés, il étudia lui-même la médecine et navigua ensuite quelque temps en qualité d'aide-chirurgien. Puis, maître d'une belle fortune, il abandonna la mer et la médecine, et se lança hardiment dans la carrière littéraire. On lui doit la création d'un genre nouveau ; le roman maritime. Il est douteux pourtant que la Salamancire, la Vigie de Koat Ven et même V Histoire de la Marine française eussent pu jamais faire à M. Sue une réputation bien durable ; non pas que ces romans maritimes, aussi bien que Mathilde et VArt de plaire, soient dépourvus de mérite ; mais ce mérite-là ne va pas au delà de celui de MM. F. Soulié, Ch. de Bernard, Gozlan, P. Lacroix, etc., tous écrivains d'imagination et de talent, et qui pourtant ne nous semblent pas appelés à survivre à leur époque. Heureusement pour sa gloire à venir, M. Sue devait bientôt écrire les Mystères de Paris et le Juif errant. Ces deux œuvres, jugées au seul point de vue littéraire, peuvent prêter à de nombreuses critiques : considérées comme plaidoyer chaleureux en faveur des classes ouvrières et de la religion évan-

gélique, ce sont deux thèses heureuses, deux Hvres devenus justement populaires.

M. Sue, dit-on, prépare en ce moment un nouvel ouvrage qu'il doit intituler ikfar/m, ou V enfant trouvé.

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