‹ Leçons et modèles de littérature française; ouChapitre 35 sur 216 · CÉSAR · texte numérisé non relu

CÉSAR

Caïus Julius César était né de l'illustre famille des Jules, qui, comme toutes les grandes maisons, avait sa chimère, en se vantant de tirer son origine d'Anchise et de Vénus. C'était l'homme de son temps le mieux fait, adroit à toutes sortes d'exercices, infatigable au travail, plein de valeur, le courage élevé, vaste dans ses desseins, magnifique dans sa dépense, et libéral jusqu'à la profusion. La nature, qui semblait l'avoir fait naître pour commander au reste des hommes, lui avait donné un air d'empire et de dignité dans ses manières ; mais cet air de grandeur était tempéré par la douceur et la facilité de ses mœurs. Son éloquence insinuante et invincible était encore plus attachée aux charmes de sa personne qu'à la force de ses raisons. Ceux qui

étaient assez durs pour résister à l'impression que faisaient tant d'aimables qualités n'échappaient point à ses bienfaits, et il commença par assujettir les cœurs, comme le fondement le plus solide de la domination à laquelle il aspirait.

Né simple citoyen d'une république, il forma, dans une condition privée, le projet d'assujettir sa patrie. La grandeur et les périls d'une pareille entreprise ne l'épouvantèrent point. Il ne trouva rien au-dessus de son ambition, que l'étendue immense de ses vues. Les exemples récents de Marins et de Sylia lui firent comprendre qu'il n'était pas impossible de s'élever à la souveraine puissance ; mais, sage jusque dans ses désirs immodérés, il distribua en différents temps l'exécution de ses desseins. Son esprit, toujours juste, malgré son étendue, n'alla que par degrés au projet de la domination ; et quelque éclatantes qu'aient été depuis ses victoires, elles ne doivent passer pour de grandes actions que parce qu'elles furent toujours la suite et l'effet de grands desseins.

(Révolutions romaines.)

FONTENELLE (Bernard Le Bovier de) naquit à Rouen le 11 février 1657: il était neveu du grand Corneille. Né avec un esprit lumineux, méthodique, et qui se pliait avec une merveilleuse facilité k tous les genres, il mit le premier les sciences abstraites à la portée du plus grand nombre des lecteurs, sut jeter une vive clarté sur les matières les plus obscures, et en cacha avec art l'aridité sous les fleurs qu'il y répandait quelquefois avec trop d'abondance. La réputation de Fontenelle n'est fondée ni sur ses Opéras oubliés aujourd'hui, ni sur ses Poésies pastorales. — Les Entretiens sur la pluralité des mondes, V Histoire des oracles, VHistoire de V Académie des sciences, les Eloges, voilà, ses véritables titres de gloire.

Fontenelle fut nonimé en 1691 membre de l'Académie française, et secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences en 1699. Il vécut jusqu'à l'âge de quatre-viîxgt-di^ç-neuf ans onze mois, et mourut à Paris le 9 janvier 1757.

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