‹ Leçons et modèles de littérature française; ouChapitre 56 sur 216 · PLINE, LE NATURALISTE · texte numérisé non relu

PLINE, LE NATURALISTE

Pline a voulu tout embrasser, et il semble avoir mesuré la nature et l'avoir trouvée trop petite encore pour l'étendue de son esprit. Son histoire naturelle comprend, indépendamment de l'histoire des animaux, des plantes et des minéraux, l'histoire du ciel et de la terre, la médecine, le commerce, la navigation, l'histoire des arts libéraux et mécaniques, l'origine des usages, enfin toutes les sciences naturelles et tous les arts humains ; et ce qu'il y a d'étonnant, c'est que dans chaque partie Pline est également grand. L'élévation des idées, la noblesse du'style, relèvent encore sa profonde érudition : non seulement il savait tout ce qu'on pouvait savoir de son temps, mais il avait cette facilité de penser en grand qui multiplie la science ; il avait cette finesse de réflexion de laquelle dépendent l'élégance et le goût, et il communique à ses lecteurs une certaine liberté d'esprit, une hardiesse de penser qui est le germe de la philosophie. Son ouvrage, tout aussi varié que la nature, la peint toujours en beau : c'est si l'on veut, une compilation de tout ce qui avait été fait d'excellent et d'utile à savoir ; mais cette copie a de si grands traits, cette compilation contient des choses rassemblées d'une manière si neuve, qu'elle est préférable à la plupart des ouvrages originaux qui traitent des mêmes matières.

MABLY (Gabriel Bonnot, abbé de) naquit à Grenoble le 14 mars 1709, La lecture des Vies des hommes illustres de Plutarque le remplit d'une vive admiration. Il retrouva dans les héros de l'antiquité ce qu'il sentait en lui, une grande fermeté de principes, des mœurs pitres et austères et un mépris absolu des richesses et des hommes. Tous

les ouvrages de Mably ont été inspirés par une pensée noble et élevée ; l'ambition d'être utile était la seule qui l'animait. Son traité de V Etude de VHistoire, livre destiné à l'éducation du duc de Parme, élève de Condillac, et ses Entretiens de Phocion lui ont acquis une juste réputation comme philosophe et comme écrivain. Mably ne voulut pas se présenter à l'Académie française, parce qu'il trouvait contraire à ses principes de faire l'éloge du cardinal de RicheHeu ; c'était un tribut exigé alors de tout récipiendaire.

Mably mourut à Paris le 23 avril 1785 dans un état voisin de l'indigence.

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