‹ Leçons françaisesChapitre 12 sur 71 · MUTIUS SCEVOLA · texte numérisé non relu

MUTIUS SCEVOLA

Porsenna, roi des Toscans, ayant épousé le parti de Tarquin-le-superbe, chassé de Rome, alla assiéger cette ville l'an 507 avant J. C. pour y faire rentrer le tyran. La vie de Porsenna parut à Mutius incompatible avec le salut de la république. Il se détermina à la lui ôter, et déguisé en Toscan, il passa dans le camp ennemi. La tente du roi était aisée à reconnaître; il y entra, et le trouva seul avec un secrétaire qu'il prit pour le prince, et qu'il tua à sa place.»

Les gardes accoururent au bruit, et arrêtèrent Mutius. On l'interrogea ; il ne répondit que ces mots : Je suis Romain ; et comme s'il eût voulu punir sa main de l'avoir mal servi, il la porta sur un brasier ardent, et la laissa brûler, en regardant fièrement Porsenna. Le roi, étonné, admira le courage de Mutius, et lui rendit son épée, qu'il ne put recevoir que de la main gauche, comme le désigne le surnom de Scsevola qu'il porta depuis. Ce Romain, feignant alors d'être touché de reconnaissance pour la générosité de Porsenna, qui lui avait sauvé la vie, lui parla ainsi : Seigneur, votre générosité ^a me faire avouer un secret que tous les tourmens ne m'auraient jamais arraché. Apprenez donc que nous sommes trois cents qui avons résolu de vous tuer dans votre camp. Le sort a voulu que je fusse le premier à le tenter ; et autant j'ai souhaité d'être l'auteur de votre mort, autant je crains qu'un autre ne le devienne, surtout aujourd'hui que je vous connais plus digne de l'amitié des Romains que de leur haine. Le roi Toscan fit la paix avec Rome, et cette paix fut le fruit de la bravoure intrépide d'un seul homme. Ss<^

Page 1