LE CRIME
Trois habitans de Balk voyageaient ensemble : ils rencontrèrent un trésor, et ils le partagèrent ; ils continuèrent leur route, en s'entretenant de l'usage qu'ils feraient de leurs richesses. Les vivres qu'ils avaient portés étaient consommés ; ils convinrent qu'un d'eux irait en acheter à la ville, et que le plus jeune se chargerait de cette commission ; il partit.
Il se disait en chemin : me voila riche, maïs je le serais bien davantage si j'avais été seul quand le trésor s'est présenté.. ..Ces deux hommes m'ont enlevé mes richesses.... Ne pourrais-je pas les reprendre...? Cela me serait facile. Je n'aurais qu'à empoisonner les vivres que je vais acheter : à mon retour, je dirais que j'ai dîné à la ville : mes compagnons mangeraient sans défiance, et ils mourraient. Je n'ai que le tiers du trésor, et j'aurais le tout.
Cependant les deux autres voyageurs se disaient : Nous avions bien à faire que ce jeune homme vînt s'associer à nous : nous avons été obligés de partager le trésor avec lui : sa part aurait augmenté les nôtres, et nous serions véritablement riches. ...Il va revenir, nous avons de bons poignards....
Le jeune homme revint avec des vivres empoisonnés : ses compagnons l'assassinèrent : ils mangèrent, ils moururent, et le trésor n'appartint à personne..