DAMON ET PYTHIAS
Damon et Pythias étaient liés par les nœuds d'une étroite amitié, et ils s'étaient juré l'un à l'autre une fidélité inviolable. Elle fur, mise à une rude épreuve. L'un d'eux condamné à mort par Denys, tyran de Syracuse, demanda par grâce qu'il lui fut permis de faire un voyage dans sa patrie
pour y régler ses affaires, avec promesse de revenir dans un certain tems ; et l'autre s'offrit généreusement pour eaution. Les courtisans, et Denys surtout, attendaient avec impatience quelle serait l'issue d'une aventure si extraordinaire et si bizarre. Le jour marqué approchant, comme il ne revenait point, chacun blâmait le zèle imprudent et téméraire de celui qui l'avait cautionné. Celui-ci, loin de témoigner aucune crainte ni aucune inquiétude, répondait, avec un visage tranquille et d'un ton afiirmatif, qu'il était sûr que son ami reviendrait: et en effet il arriva au jour et à l'heure marqués. Le tyran étonné d'une si rare fidélité, et attendri à la vue d'une si aimable union, lui accorda la vie, et leur demanda par grâce d'être admis en tiers dans leur amitié.