‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 2)Chapitre 2 sur 40 · ET SUR LES IMITATIONS OU CONTREFAÇONS DE CE RECUEIL · texte numérisé non relu

ET SUR LES IMITATIONS OU CONTREFAÇONS DE CE RECUEIL

Jusqu'ici deux ou trois parties seulement des Leçons Françaises de Littérature et de Morale avaient des préceptes de genre et des modèles d'exercice» L'utilité des uns et des autres en faisait désirer davantage, et l'on nous en demandait pour toutes les parties.

Noos avons fait ce qui dépendait de nous pour remplir le vœu du public et des maîtres.Deux de nos plus célèbres philologues nous ont fourni pour cela d'heureuses contributions : Marmontcl des /^r^r^/?/^^ pleins de justesse et de raison, puisés en général aux sources antiques, dans la rhétorique d'Aristote, de Cicéron et de Quintilieu; La Harpe des modèles d'exercice où respirent la plus saine critique, le goiit le plus exquis. Maury, Thomas, Barthélémy nous ont aussi donné quelques morceaux estimables de l'une ou de l'autre espèce.

Ainsi, dans ce recueil, où déjà leur talent était uni au génie des auteurs du premier ran^, ce sont les meilleurs écrivarins du second ordre qui eux-mêmes, avec les RoIIin, les Le Batteux, apprendront, dans leurs leçons de rhétorique^ aux amis des lettres françaises à goûter et apprécier, aux jeunes gens à- étudier, aux jeunes auteurs à imiter les grands modèles.

Ce changement, et une addition si importante, doivent

rendre les Leçons Françaises de plus en plus agréables au public, et il continuera sans doute de faire bonne et sévère justice des imitations ou contrefaçons i\\x\^ depuis longtemps, soit dans rétiangcr, soit en France même, gâtent et dénaturent cet utile recueil.

On le mutile, on le dtôgure à le rendre méconnaissable; ce qui était au commencement ou à la fin, selon Tordre naturel des matières, ou la difficulté de la composition, dans les difFérens genres, on le change, on le renverse sans goût ni méthode. De toutes parts , les morceaux qui étaient le plus à leur place sont transposés , sont rangés à la suite les uns des autres , par ordre de temps et de date. Ainsi disparaissent tout à la fois et le mérite du choix, de la variété, et surtout le charme si piquant des rapprochemens , des oppositions, des contrastes.

Il y a plus : dans un ouvrage oii tout doit être original, et n'appartenir, pour \ts préceptes comme pour les modèles^ qu^aux hommes de génie , aux hommes de talent , on ne fait aucune difficulté de mêler son style et son nom à ceux de nos auteurs les plus parfaits, de nos plus habiles maîtres, et des inutilités, des rapsodies ,aux leçons des uns et aux beautés des autres.

Quelquefois même, on va jusqu'à insérer dans ces contrefaçons des articles dont Tesprit et les principes dangereux sont entièrement opposés à ceux que font gloire de professer les éditeurs des Leçons Françaises et Latines ^ et auxquels ils rapportent particulièrement la faveur con tinue du public, depuis plus de vingt ans^ et le succès prodigieux de tant d'éditions consécutives, tirées à un si grand nombre d^exemplaires.

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