‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 2)Chapitre 3 sur 40 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

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être davantage , ont été choisis , feuilletés , lus en partie I pour composer ce Re;:ueii classique français » d'une exécution aussi neuve en ce genre que le fonds en est riche i&t précieux, sous le double rapport de la littérature et de la morale, Cest nii choix exquis^ en prose et. an vers* des morceaux de notre langue tes mieux écrits et les mieux pensés « dans les parties de composition les plus difficiles , et qui demandent le plus de soin ; Narrations^ Tobleau^ ^ Descriptions^ DéfimtioîiSy Ml^gories, Morak religieuse ou Phitosophie pratique^ Discours et Mor^eaua^ oratoires y Caractères ou Portraits^ etq.

Faire voir de suite aux jeunes gens d^ns renseignement des Langues et de la Rhétorique, des ouvrages entiers » est ujm eirreur^ dwsritistruc^ tion , un défaut essentiel » dont QuirvUUm^ IhlUn^ DumarsaiSf dOUçet (i)» etc. recommandent d'éviter le^danger et rinconvétoient. A eette roé«*

(i) Yo^M la Préfiic« dot Pmséaâ d« Cic jron.

viij PAEFACE.

thodc, ils substituaient, autantqu^il citait en eux, celle de ne voir, en général» les auteurs que par extraits et morceaux choisis. La supériorité de cette méthode sur Tautre se fait bientôt sentir d^une manière frappante par la rapidité des pro* grès et du succès des études et de renseignement.

Ce principe, en effet , est puisé dans la nature, et Fexpérience en confirme le précepte. Interrogez les instituteurs qui ne suivent qu^elIe pour guide; écoutez leur maître à eux-mêmes, leur modèle, lem* éternel oracle. dans renseignement des langues et de la rhétorique : « Il ne s'agit pas « pour lors , dit RolUn , de faire comprendre aux « jeunes gens la suite d'un raisonnement long et « obscur, ce qui est beaucoup au-dessus de leur tt âge, mais de les former à la pureté du lance gage, et de leur donner de bons principes. Or, « des extraits faits avec soin, qui pourraient m avoir quelquefois une longueur raisonnable, « seraient également propres pour ces deux «c vues, et n'auraient point les inconvéniens qui (c sont inévitables quand on explique tout de « suite des livres qui certainement n'ont point a été faits pour apprendre une langue à des « jeunes gens, etc. etc. Avant de lire les au- « teurs, ils doivent apprendre à les lire et i les « étudier. » Traité des Eludes , tom! I«.

Partout , à chaque page , dans ses excellens Traités sur l'étude des langues française , latine ,

PRÉFACE. ix

grecque , et de la rhétorique, les réflexions, les avis de ce célèbre professeur consacrent cette méthode ; et non seulement il invite à la suivre; mais même, en plusieurs endroits (i), il demande « des Recueils de morceaux choisis , soit « en latin , soit en français^ des livres compo- « ses exprès qui épargnent aux maîtres beaum coup de peine pour feuilleter tant de volumes; « et aux élèves des frais considérables pour se « les procurer. »

Cette autorité, déjà si imposante, de Quintilien, de Rollin, et de tant d^habiles professeurs, sanclîonnons-la , pour ainsi dire, rendons-la décisive par celle de Nicole (2). On sait qu'il possédait aussi parfaitement le grec et le latin que notre langue. Yoici comme il s'exprime sur Y enseignement en général et les différentes mé^ ihodes dinstruciion : « Il ne faut jamais perr « mettre que les enfans apprennent rien par « cœur qui ne soit excellent ; c'est pourquoi c'est « une fort mauvaise méthode que de leur faire « apprendre des livres entiers , parce que tout « n^est pas également bon dans les livres. On

(1) Traité des Etudes j tom. I et II, passïm.

(2) A ce nom, qu'on ajoute ceux de Bossuet et de F^nelon : mêmes principes sur les Extraits et Morceaux choisis y dans l'instituteur du Dauphin, et dans celui daDuc de Bourgogne. D'Aguesseau en reconnaît également Putîlité, dans ses Instructions sur les Etudes 4u Jeune Orateur.

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