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Il est aisé de concevoir pourquoi , dans des mémoires particuliers, les portraits sont naturellement plus fréquens qu'ils ne doivent l'être dans l'histoire. Ce II n'a guère intérêt que de faire connaître l'homme public, et les événemens l'exposent ; au lieu que des mémoires nous décèlent l'homme privé, et ne font qu'effleurer les actions publiques. Les Mémoires du cardinal de Retz sont le derrière de latoiledusingulierspeetaclede la Fronde; et dans les portraits qu'il nous trace des personnages principaux de cette scène héroï-comique , il nous fait voir souvent ce que l'action même ne nous aurait point appris.
Par la même raison, lorsque dans l'histoire un personnage a plus d'influence que d'apparence , qu'il agit plus au dedans qu'au dehors, il est intéressant de décrire avec soin ce ressort intérieur et secret des événemens qu'on raconte. Ainsi rien de plus nécessaire , de plus intéressant dans le récit du règne de Tibère, que le portrait de Sejan (2).
Dans un historien éloquent (presque tous les anciens l'étaient, témoin Thucydide, Xénophon, Salluste, Tite- Live et Tacite), la manière de peindre ne diffère de celle de l'orateur que par une précision et une vérité plus se-
(1) Voyez Tacite, ou les Leçons Latines anciennes. (a) Idem.
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