CARACTERES OU PORTRAITS, CARACTERES POLITIQUES
Le Peuple Athénien.
L'Histoihe nous le représente, tantôt comme un vieillard qu'on peut tromper sans crainte, tantôt comme un enfant qu'il faut amuser sans cesse, quelquefois déployant les lumières et les sentimens des grandes âmes ; aimant à l'excès les plaisirs et la liberté, le repos et la gloire ; s'enivrant des éloges qu'il reçoit, applaudissant aux reproches qu'il mérite ; assez pénétrant pour saisir aux premiers mots les projets qu'on lui communique, trop impatient pouf en écouter les détails et en prévoir les suites; faisant trembler ses magistrats dans l'instant même qu'il pardonne à ses plus cruels ennemis; passant avec la rapidité de l'éclair, de la fureur à la pitié, du découragement à l'insolence, de l'injustice au repentir; mobile surtout et frivole, au point que, dans les affaires les plus graves et quelquefois les plus désespérées, une parole dite au hasard, une saillie heureuse, le moindre objet, le moindre accident, pourvu qu'il soit inopiné, suffit pour le distraire de ses craintes ou le détourner de son intérêt.
Barthélémy. Voyage d' Antichar sis .
Même sujet.
Il y a un peuple fier et poli, savant et guerrier, passionné pour la gloire et pour le plaisir, qui, par le haut degré d'excellence où il porta tous les arts, condamna les âges suivans à l'éternelle nécessité de les imiter, et au désespoir de les surpasser jamais. L'Athénien, disposé aux émotions douces avant même qu'il vit le
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jour, par le soin qud f . . 1 1 . . 1 1 ..sou <l<- | ..llrir aux vru\
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prnlu la mémoire des magistrats qui 1rs ont fOUirferaéV
Ou \ ..husr de la fertilité du tnioii , qm % produit une al.ond MMt éternelle ; rt 1rs lawui s ,|rs l>irux sur Sx bttil ne .sri\ciil .pia encouia^n lr lux,- ,t t ll.ittei I | mollesse.
i ■ boaaaaei sont s. eiu-mmes, leur parure est »i a blable i celle drs inuiiics , iU oompoaean si biea le«r
Irinl , ils s.' Irisent BVM t.mt d'art. \U emploient tant de
i.-iups à m aorrajet I leur union, qu'il aradala qu'il n\
ail qu'un sexe dm» tonte I < \ il 1.— 28.
5/f(i CARACTERES OU PORTRAITS,
Bien loin que la multitude des plaisirs donne aux Sybarites plus de délicatesse, ils ne peuvent plus distinguer un sentiment d'avec un sentiment.
Leur âme, incapablede sentir les plaisirs, semblen'avoir de délicatesse que pour les peines; un citoyen fut fatigué toute la nuit d'une feuille de rose qui s'était repliée dans son lit.
La mollesse a tellement affaibli leur corps, qu'ils ne sauraient remuer les moindres fardeaux j ils peuvent à peine se soutenir sur leurs pieds j les voitures les plus douces les font évanouir j lorsqu'ils sont dans les festins, l'estomac leur manque à tous les instans.
Ils passent leur vie sur des sièges renversés, sur lesquels ils sont obligés de se reposer tout le jour sans être fatigués; ils sont brisés quand ils vont languir ailleurs.
Incapables de porter le poids des armes, timides devant leurs concitoyens, lâches devant les étrangers, ils sont des esclaves tout prêts pour le premier maître (i).
Montesquieu.
Les Grecs, les Romains.
Quoi qu'en dise un des plus judicieux écrivains de l'antiquité qui cherche à diminuer la gloire des Grecs, leur histoire ne tire point son principal lustre du jeunet de l'art des grands hommes qui l'ont édite. Peul-on jeter les yeux sur tout le corps de la nation grecque, et ne paa avouer qu'elle s'élève souvent au-dessus des forces île l'humanité? On voil quelquefois tout un peuple être ma ;iianinie comme Thémistoelc • i juste comme Aristide. Naliwsie nierait-il que Marathon, le» Thermopyles , Salamine, Platée, Mycale, la retraite des Dix-Mille, el Lanl d'autres exploits exécutés dans le sein même de la Grèce
i,i) Voyez en vers. Portraits, la traduction <le ce morceau.
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