‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 117 sur 141 · MA · texte numérisé non relu

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(Ici bômme vertfleil*, dont les premiers regards.au sortir de l'enfance , se (î\èrent SUfles horreurs «le L Cour de Néron , qui vit ensuite les ignominies «le Galba , la crapule de Vitellius et les brigandages d'Othotf, qui respira ensuite un air plus pur sous Vespasien et sous Tilus , fut oblige, clans sa maturité', de supporter la tyrannie ombrageuse et hypocrite de Domitien. Obscur par sa naissance, élevé à la questure par Vespasien , et se voyant dans la route des honneurs, il craignit pour sa famille d'arrêter les progrès d'une illustration dont il était le premier auteur, et dont tous les siens devaient partager les avantages. Il fut contraint de plier la hauteur de son âme et la sévérité de ses principes, non pas jusqu'aux bassesses d'un courtisan, mais du moins jusqu'aux complaisances, aux assiduités d'un sujet qui espère, et qui ne doit rien condamner, sous peine de ne rien obtenir. Incapable de mériter l'amitié de Domitien , il fallut ne pas mériter sa haine j étouffer une partie des talens et du mérite du sujet, pour ne pas effaroucher la jalousie du maître; faire taire à tout moment son cœur indigné, ne pleurer qu'en secret les blessures de la patrie et le sang des bons citoyen--, et s'abstenir même de cet extérieur de tristesse qu'une longue contrainte répand sur le visage d'un honnête homme, et toujours suspecta un mauvais Prince, qui sait trop que, dans sa Cour, il ne doit y avoir de triste que la vertu.

Dans cette douloureuse oppression , Tacite , obligé de se replier sur lui-même, jeta sur le papier tout cet amas de plaintes, et ce poids d'indignation dont il ne pouvait autrement se soulager : voilà ce qui rend son style si intéressant et si animé. Il n'invective point en déclamateur : un homme profondément affecté ne peut pas l'être ; mais il peint avec îles couleurs si vraies tout ce que la bttMtM et L'esclavage ont de plus dégoûtant . tout ce que le dfftspo-

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donne encore clans ce genre un grand et précieux avanlage, c'est qu'il est toujours simple et vrai; jamais un liait d'esprit ne vient refroidir une expression de sentiment ou

un tableau de nature Pendant un du deux siècles sa

gloire parut s'obscurcir dans sa patrie; on cessa de le tant admirer j de l'étudier, même de le lire. Aussi la langue ^'affaiblit, la poésie perdit sa force et sa grandeur. On est revenu au Grand Padre Alighieri, et les Alfieri, les l'arini ont fait vibrer avec une force nouvelle les cordes longtemps amollies et détendues de la tyre toscane.

G in g u en É. Histoire littéraire d' Italie.

Montaigne.

Dans tous les siècles où l'esprit humain se perfectionne par la culture des arts, on voit naître des hommes supérieurs qui reçoivent la lumière et la répandent, et vont plus loin que leurs contemporains, en suivant les mêmes traces. Quelque chose de plus rare, c'est un génie qui ne doive rien à son siècle, ou plutôt qui, maigre» son siècle, par la seule force de sa pensée, se place de luimême à côté des écrivains les plus parfaits, nés dans les temps les plus polis; tel est Montaigne. Penseur profond sous le règne du pédantisme, auteur brillant ei ingénieux dans une langue informe et grossière, il écrit avec le secours de sa raison et des anciens. Son ouvrage reste, et fait seul toute la gloire littéraire d'une nation j et , lorsque, après de longues années, sous les auspices de quelques génies sublimes qui s'élancent à la fois, arrive enfin 1 "âge du bon goût el du talent, eet ouvrage, longtemps unique, demeure toujours original- et la France, enrichie tout à coup de tant de brillantes merveilles, ne sent pas refroidir son admiration pour ces antiques et naïves beautés. Un siècle nouveau succède, aussi fameux que le précédent, plus éclairé peut-être, plus exercé à

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