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SuLlimp sans orgueil, agréable «ans fard. Bout au, Art poét. chant I.
Création de l'Homme.
JLa matière a cessé d'être muette ou passive; une créature distincte entre toutes celles qui respirent est appelée» elle s'avance d'un pas mesuré, et le chef du Roi de la nature s'élève avec noblesse sous des cheveux ondoyans. Ses yeux ont le droit d'interroger autour de lui ; la pensée y passe; de là elle semble s'étendre au loin, et percer dans les profondeurs de l'avenir. L'intelligence , ce magnifique présent d'un Dieu qui n'avait peut-être rien de mieux à donner, réside sur son front découvert, et annonce de hautes destinées. Le sentiment est dans sa voix; son âme se fait entendre; toutes les parties de son corps se rapprochent sans gêne , et s'agencent avec harmonie. Ses bras l'accompagnent, et ne le portent pas : la moindre portion de lui-même est en contact avec la terre; il ne communique avec elle que par des points , comme s'il ne devait la fouler qu'en passant. Il marche, et l'on sent qu'il va donner des ordres $ il s'arrête, et le sol dont sa noble figure se détache, à bien dire ne lui sert que de piédestal, sur les côtés duquel les divers animaux se groupent en manière de bas-relief. Une ligne
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pour saisir les choses éloignées, pour écarter les obstacles, pour prévenir les rencontres et le choc de ce qui pourrait nuire, pour embrasser et retenir ce qui peut plaire, pour le mettre à portée des autres sens.
Lorsque l'âme est tranquille , toutes les parties du visage sont dans un état de repos : leur proportion, leur union, leur ensemble, marquent encore assez la douce harmonie des pensées, et répondent au calme de l'intérieur; mais lorsque l'âme est agitée, la face humaine devient un tableau vivant, où les passions sont rendues avec autant de délicatesse que d'énergie , où chaque mouvement de l'âme est exprimé par un trait, chaque action par un caractère dont l'impression vive et prompte devance la volonté, nous décèle, et rend au dehors, par des signes pathétiques, les images de nos secrètes agitations.
C'est surtout dans les yeux qu'elles se peignent, et qu'on peut les reconnaître; l'œil appartient à l'âme plus qu'aucun autre organe; il semble y toucher et participer à tous ses mouvemens; il en exprime les passions les plus vives et les émotions les plus tumultueuses, comme les mouvemens les plus doux et les sentimens les plus délicats ; il les rend dans toute leur force, dans toute leur pureté , tels qu'ils viennent de naître ; il les transmet par des traits rapides qui portent dans une autre âme le feu, l'action , limage de celle dont ils partent ; l'œil reçoit et réfléchit en même temps la lumière de la pensée et la chaleur du sentiment ; c'est le sens de l'esprit et la langue de l'intelligence.
Buffon. Histoire naturelle.
Origine et Mobiles de l'industrie humaine.
Toute activité, soit de corps, soit d'esprit, prend sa source dans les besoins ; c'est en raison de leur étendue,
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VoLNEY. Voyage en Syrie.
Sully dans la retraite.
L'histoire a peint des sages dans la retraite, des héros dans l'oppression ; mais elle n'offre rien de plus grand que la dignité de Sully dans le malheur. C'était la dignité de la vertu même, sur laquelle et les hommes, et les cours , et les Rois ne peuvent rien. La grandeur qui était dans son âme se répandait dans toute sa maison. Un nombre prodigieux de domestiques , une foule de gardes , d'écuyers, de gentilshommes ; un luxe, non de frivolité, mais de magnificence; un appareil imposant, le respect de mille vassaux, la subordination d'une famille illustre; des appartemens immenses , et où les belles actions de Henri IV étaient représentées avec celles de son ministre j des parcs où régnaient la simplicité et la grandeur: au milieu de tous ces objets Sully en cheveux blancs, conservant les modes antiques, portant sur sa poitrine l'image de Henri IV; la sainte gravité de ses discours, la majesté de ses regards, le siège plus élevé qui le distinguait au milieu de ses enfans, l'accueil honorable que recevaient dans sa maison tous les vieillards, le silence mêlé de crainte et de respect des jeunes gens que leurs pères conduisaient par la main pour voir ce grand homme -, tout cela réuni semblait offrir quelque chose de plus qu'humain, et portait dans les cœurs je ne sais quelle émotion qui élevait l'âme en l'étonnant. O mœurs trop différentes des nôtres! C'est ainsi qu'il passa trente ans dans la retraite, sans se plaindre des hommes, ni de
(i) Voyez Tableaux , en vers, le Besoin, Père des Arts; et les Leçons Latines anciennes , t II, même partie.
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On compte, en le voyant, les ennemis qu'il a vaincus, non pas les serviteurs qui le Suivent : tout seul qu'il est, on se figure autour de lui ses vertus et ses victoires qui l'accompagnent. 11 y a je ne sais quoi de noble dans cette honnête simplicité; et, moins il est superbe, plus il devient vénérable.
FléCHI£R. Oraison funèbre de Turenne.
Même sujet.
Il revenait de ses campagnes triomphantes avec la même froideur et la même tranquillité que s'il fût revenu d'une promenade, plus vide de sa propre gloire que le public n'en était occupé. En vain, dans les assemblées, ceux qui avaient l'honneur de le connaître le montraient des yeux, du geste et de la voix à ceux qui ne le connaissaient pasj en vain sa seule présence , sans train et sans suite, faisait sur les âmes une impression presque divine qui attire tant de respect, et qui est le fruit le plus doux et le plus innocent de la vertu héroïque : toutes ces choses si propres à faire rentrer un homme en luimême par une vanité raffinée , ou à le faire répandre au dehors par l'agitation d'une vanité moins réglée, n'altéraient en aucune manière la situation tranquille de son âme, et il ne tenait pas à lui qu'on n'oubliât ses victoires et ses triomphes.
MASCARON. Oraison junèbre de Turenne.
Règne de Louis XIV.
Un Roi plein d'ardeur et d'espérance saisit lui-même ce sceptre qui, depuis Henri-le-Grand, n'avait été soutenu que par des favoris et des ministres. Son âme, que l'on croyait subjuguée par la mollesse et les plaisir», se
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