‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 45 sur 141 · i i iiin.-. Il i · texte numérisé non relu

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elle l'enveloppe , elle s'embarrasse dans ses propres subtilités, et ses précautions lui sont un piège. Dieu ev par ce moyen ses redoutables jugemens, selon les règles de sa justice toujours infaillible. C'est lui qui prépare les effets dans les causes les plus éloignées, et qui frappe ces grands coups dont le contre-coup porte si loin (i).

BûSSUET.

De la Providence.

Que le monde est grand, qu'il est magnifique ! Que le gouvernement des Etats et des Empire*, offre à nos yeux de sagesse, d'ordre et de magnificence, quand nous y voyons une Providence qui dispose de tout, depuis une extrémité jusqu'à l'autre, avec poids , avec nombre, avec mesure ; qui voit les événemens les plus éloignés dans leurs causes; qui renferme dans sa volonté l< causes de tous les événemens ; qui donne au monde des Princes et des Souverains, selon ses desseins de justii a ou de miséricorde sur les peuples; qui donne la paix, ou qui permet les guerres, selon les vues de sa sagesse ; qui donne aux Rois îles ministres sages ou corrompus ; qui dispense les bons ou les mauvais succès, selon qu'ils deviennent plus utiles à la consommation de son ouvra, qui règle le cours des passions humaines, et qui, par des ménagemens inexplicables, fait servir à ses desseins la malice même des hommes! Que le monde, considère dans ce point de \ue, et avec l'ouvrier souverain qui le conduit, esl plein d'ordre, d'harmonie et de onagni&ceii

Mais si on eu sépare la Pro\ id< ace, el qu'on le regarde

tout seul ; si on n'y voit plus que les passions humaines qui semblent mettre tout en momement, ce n'est plus qu'un chaos , qu'un tlu-.lti e .le . Onfiiai t de troubles ,

(i) Voyez, en vers, Morale rt>lif;ieuse, , ;

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2a8 DÉFINITION^

L'Orateur Chrétn l

Le Christianisme élevait une tribune où les plus sul)lirucs vérités étaient annoncées hautement ponr tout le m.. n. le, nu les plus pures lirons de la morale étaient rendues familières a la multitude ignorante; tribune formidable, devint laquelle s'étaient humiliés les Empereurs souilles du sang des peuples; tribune pacifique et tutélaire qui, plus d'une fois, donna refuge à ses mortels ennemis ; tribune où furent Long-temps défendus «les intérêts partoul abandonnés, et qui, seule, plaidait éternellement la cause du pauvre contre te riche, do faible loutre l'oppresseur, et de l'homme contre Lui-même.

Là, tout s'ennoblit et se divinise L'orateni . maître des esprits qu'il élève, et qu'il consterne tour à tour, peul leur montrer quelque chose de plus grand que la gloire et de plus effrayant que la mort; il peut faire descendre du haut des Cieux une éternelle espérance sur ces tom beaux où Périclès n'apportait que des regrets et des larmes. Si, comme l'orateur romain , il âélèbre les guert ni s de la légion de Mars , tombés au champ de bataille , il donne à leurs âmes cette immortalité que Cicéron n'ont promettre qu'à leur souvenir; il charge Dieu luimême d'acquitter la reconnaissance de la patrie. Veut il se renfermer dans la prédication éyangélique? Cette ace de la morale, cette expérience de l'homme, ces sériels des passions , étude éternelle des philosophi *\t's 01 atours anciens, doivent être dans sa main. C'est

lui, plus encore que l'orateur de l'antiquité, qui doit connaître tous les détours du cœur humain, toutes les viciasitudes des émotions, toutes les parties sensibles de

Tàme, non pour e\< itei ces affections violentes . . , s ani-

moaitéa populaires, ces grands incendies des passions,

feux de vengeance et de haine ou triomphait l'an-

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