C. L. MoLLEVAULT. Chants Sacrés, liv. II
A un Père, sur la mort de sa Fille.
Ta douleur. Du Perrier, sera donc éternelle? Et les tristes discours Que te met en l'esprit l'amitié' paternelle, L'augmenteront toujours?
Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas , Est-ce quelque dédale où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?
Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n'ai pas entrepris, Injurieux ami, de soulager ta peine
Avecque son mépris.
Mais elle était du monde où les plus belles choses
Ont le pire destin 5 Et rose elle a vécu ce que vivent les roses:
L'espace d'un matin.
La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles:
On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.
Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre ,
Est sujet à ses lois; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N'en défend point nos Rois.
Malherbe. Liv. !«'.
Le Génie des Tempêtes.
Ce hardi Portugais, Gama, dont le courage D'un nouvel océan nous ouvrit le passage, De l'Afrique déjà voyait fuir les rochers ; Un fantôme, du sein de ces mers inconnues
S'élevant jusqu'aux nues.
D'un prodige sinistre effraya les nochers.
11 étendait son bras sur l'élément terrible ; Des nuages épais chargeaient son front horrible , Autour de lui grondaient le tonnerre et les vcnts^ 11 ébranla d'un cri les demeures profondes,
Et sa voix sur les ondes Fit retentir au loin ces funestes accens :
« Arrête, disait-il, arrête, peuple iuipie; Reconnais de ces bords le souverain génie , Le Dieu de l'océan dont tu foules les flots! Crois-tu qu'impunément, ô race sacrilège.
Ta fureur qui m'assiège Alt sillonné ces mers qu'ignoraient tes vaisseaux.^
« Tremble , tu vas porter ton audace profane Aux rives de Mélinde, aux bords de Taprobane, Qu'en vain si loin de toi placèrent les Destins. Vingt peuples t'y suivront; mais ce nouvel Empire
Où tu vas les conduire N'est qu'un tombeau de plus creusé pour les humains.
« J'entends des cris de guerre au milieu des naufrages, Et les sons de l'airain se mêlant aux orages, Et les foudres de l'homme au tonnerre des deux. Les vainqueurs, les vaincus , deviendront mes victimes :
Au fond de mes abîmes Leurs coupables trésors descendront avec eux. »
Il dit, et se courbant sur les eaux écumantes , Il se plongea soudain dans ses roches bruyantes Où le flot va se perdre , et mugit renfermé. L'air parut s'embraser, et le roc se dissoudre,
Et les traits de la foudre Eclatèrent trois fois sur l'écueil enflammé,
La Harpe. Ode sur la Navigation.
Chœur d'Athalie.
LE CHŒUR
Tout l'univers est plein de sa magnificence : Qu'on l'adore ce Dieu, qu'on l'invoque à jamais! Son Empire a des temps précédé la naissance. Chantons, publions ses bienfaits.