‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 4)Chapitre 18 sur 34 · TOUTES ENSEMBLE · texte numérisé non relu

TOUTES ENSEMBLE

Et les larmes du juste implorant son appui Sont précieuses devant lui (i).

Le même. lèid.

La Statue de Henri IV.

Assis près de la Seine, en mes douleurs amères, Je me disais : « La Seine arrose encore Ivry , Et les flots sont passés où, du temps de nos pères,

Se peignaient les traits de Henri.

Nous ne verrons jamais l'image vénérée

D'un Roi qu'à la France éplorée

Enleva sitôt le trépas ; Sans saluer Henri nous irons aux batailles , Et l'Etranger viendra chercher dans nos murailles

Un héros qu'il n'y verra pas! »

Où courez-vous? — Quel bruit naît, s'élève et s'avance? Qui porte ces drapeaux, signe heureux de nos Rois? Dieu! quelle masse au loin semble, en samarche immense.

Broyer la terre sous son poids ?

Répondez.... Ciel! c'est lui! je vois sa noble tête....

Le peuple, fier de sa conquête,

Répète encor son nom chéri.

O ma lyre! tais-toi dans la publique ivresse;

(1) Voyez plus haut Morale Religieuse, ou Philosophie pratique, même sujet j voyez les Leçons Latines anciennes, t. I.

Que seraient tes concerts près des chants d'allégresse De la France aux pieds de Henri ?

Par mille bras traîné , le lourd colosse roule : Ah! volons, joignons-nous à ces efforts pieux. Qu'importe si mon bras est perdu dans la foule !

Henri me voit du haut des cieux.

Tout un peuple a voué ce bronze à ta mémoire,

Roi chevalier, rival en gloire

Des Bayard et des Du Guesclin !

De l'amour des Français reçois la noble preuve ; Nous devons ta statue au denier de la veuve , A l'obole de l'orphelin.

N'en doutez pas : l'aspect de cette image auguste Rendra nos maux moins grands , notre bonheur plus doux. O Français ! louez Dieu. Vous voyez un Roi juste,

Un Français de plus parmi vous.

Désormais , dans ses yeux , en volant à la gloire ,

Nous viendrons puiser la victoire ;

Henri recevra notre foi ; Et quand on parlera de ses vertus si chères, Nos enfans n'iront pas demander à leurs pères

Comment souriait le bon Roi.

Jeunes amis , dansez autour de cette enceinte; Mêlez vos pas joyeux, mêlez vos heureux chants. Henri, car sa bonté dans ses traits est empreinte ,

Bénira vos transports touchans.

Près des vains monumens que des tyrans s'élèvent.

Qu'après de longs siècles achèvent

Les travaux d'un peuple opprimé , Qu'il est beau cet airain où d'un Roi tulélaire La France aime à revoir le geste populaire ,

Et le regard accoutumé !

Victor Hugo.

Les Gëans vaincus.

Les efforts d'un géant qu'on croyait accablé Ont fait encor gémir le ciel, la terre et l'onde j Mon Empire s'en est troublé Jusqu'au centre du monde; Mon trône en a tremblé.

L'affreux Typhée, avec sa vaine rage, Trébuche enfin dans des gouffres sans fonds. L'éclat du jour ne trouve aucun passage ,

Pour pénétrer les royaumes profonds Qui me sont échus en partage.

Le Ciel ne craindra plus que ces fiers ennemis Se relèvent jamais de leur chute mortelle; Et du monde ébranlé par la fureur rebelle, Les fondemens sont affermis.

QuiNAULT. Opéra de Proserfiine.

Page 1