LES DIVINITÉS DE LA GRÈCE
L'imagination fertile des Grecs peupla l'univers d'une foule de divinités. Celte théologie bizarre et confuse eut pourtant ses charmes. Elle fut ornée de tout ce que le goût peut enfanter de plus délicat... L'enthousiasme de la liberté, la pureté de l'air, la variété des paysages, l'excellence des productions, les accidents de la nature, la beauté du ciel, ce délicieux concours portait aux sens des Grecs les émotions les plus voluptueuses, et disposait leur esprit aux plus brillantes images, comme leur cœur aux plus douces jouissances ': pour eux, la nature était vivante et animée; tout ce qui les environnait semblait doué de sentiment et d'intelligence.
Le spectacle de la mer leur offrait le cortège le plus galant de divinités : c'était Neptune sur son char, c'était Amphitrite accompagnée des plus charmantes néréides, qui parcourait légèrement sa surface. Zéphire agitait mollement ses ondes; et, si quelquefois le violent Borée bouleversait les flots, on avait encore l'espoir de l'apaiser par des sacrifices. Le dieu qui présidait au cours d'un fleuve , penché sur son urne et couronné de roseaux, regardait avec attendrissement les danses des nymphes auxquelles ses ondes servaient d'asile; les sources et les fontaines étaient des grottes de cristal, où les naïades faisaient leur demeure ; les oréades habitaient les montagnes; dans la solitude des forêts on se trouvait au milieu d'une troupe de dryades, de faunes et de satyres, dont la figure grotesque faisait contraste avec la taille svelte et 'dégagée des nymphes qui cherchaient à éviter leurs poursuites.
cousin-despréaux. Histoire de la Grice.
FABLES ET ALLÉGORIES
LES DIEDX D'HOHÈRE.
La haine contre les barbares était venue aux Grecs dès les premiers temps , et leur était devenue comme naturelle. Une des choses qui faisaient aimer la poésie d'Homère , est qu'il chantait les victoires elles avantages delà Grèce sur l'Asie. Du côté de l'Asie était Vénus, c'est-à-dire, les plaisirs, les folles amours et la mollesse; du côté de la Grèce était Junon, c'est-à-dire, la gravité avec l'amour conjugal , Mercure avec l'éloquence, Jupiter et la sagesse politique : du côté de l'Asie était Mars impétueux et brutal, c'est-àdire, la guerre faite avec fureur; du côté de la Grèce était Pallas, c'est-à-dire, l'art militaire et la valeur conduits par l'esprit. Depuis ce temps la Grèce avait toujours cru que l'intelligence et le vrai courage étaient son partage naturel. Elle ne pouvait souffrir que l'Asie pensât à la subjuguer; et , en subissant ce joug, elle eût cru assujettir la vertu à la volupté, l'esprit au corps , et le véritable courage à une force insensée, qui consistait seulement dans la multitude.
bossuet. Disc, surfhisi. unit*