LES BEAUX-ARTS
Beanx-aris! eh! dans quel lieu n'avez-vous droit de Est-il à votre joie une joie étrangère? [plaire?
Non : le sage vous doit ses moments les plus doux; Il s'endort dans vos bras, il s'éveille pour vous. Que dis-je? autour de lui tandis que tout sommeille, La lampe inspiratrice éclaire encor sa veille. Vous consolez ses maux, vous parez son bonheur; Vous êtes ses trésors, vous êtes son honneur; L'amour de ses beaux ans, l'espoir de son vieil âge? Ses compagnons des champs, ses amis de voyage; Et de paix, de vertus, d'études entouré, L'exil même avec vous est un abri sacré : Tel l'Orateur romain, dans les bois de Tuscule, Oubliait Rome ingrate; ou tel son digne émule, Dans Frênes , d'Aguesseau goûtait tranquillement Du repos occupé le doux recueillement.
Tels, de leur noble exil tous deux charmaient les peines. Malheur aux esprits durs, malheur aux âmes vaines, Qui dédaignent les arts au temps de leur faveur! Les beaux-arts,à leur tour,dansles temps du malheur, Les livrent sans ressource à leur vile infortune. Mais avec leurs amis ils font prison commune , Les suivent dans les champs , et , payant leur amour, Consolent leur exil, et chantent leur retour '. di'.ulle. Georgiques françaises.